Politiquement indigeste – Médéa Azouri – L’Orient-Le Jour – sam. 31 jan. 2009

Ah le mois de janvier, ses départs, sa neige, ses soldes, son calme… beaucoup trop calme d’ailleurs. La neige nous fait faux bond, les soldes n’attirent pas grand monde – crise oblige – et ce mois de janvier 2009 est étrangement silencieux. On est dans une espèce d’entre-deux. Une sorte d’entre deux saisons. Ni tout à fait en hiver, pas encore au printemps. Saisons sociale et musicale légèrement en berne. Pas de mariage en vue, ni de grosse finger food party. Pas de soirées Nouvelle Star prévues pour sitôt, pas de méga concert… Heureusement qu’il y a quelques événements culturels qui nous réveillent un peu de cette torpeur, comme l’excellent stand up comedy 7ayet el Jagal So3bé, la sortie en salles des Woody Allen et Sam Mendes ou le Festival Al Bustan qui se profile à l’horizon. A part cela, pas grand-chose. Entre grippe et temps pourri, il faut le dire : « on s’emmerde »….
Mais pas tout le monde. Pas tout le monde… En ce moment, bon nombre de Libanais sont en effervescence. C’est qu’ils ont un sujet en or à débattre : ça. Que vous sortiez d’un théâtre, d’un cinéma ou de condoléances, on ne parle que de ça. A dîner, en soirée, au resto, à Faraya, à Gemmayzé, sur Facebook, au téléphone, on ne pense qu’à ça. Qui va rester ? Qui va entrer ? Qui va sortir ? Qui va être avec qui ? Et où ? Qui sera l’adultérin perfide ? Le traitre ? Qui va avoir qui ? On n’entend que ça… Cette foutue chaise – traduction littérale de kersé qui en phonétique se lit de deux manières – est le point de mire des Libanais… Ce sacrosaint siège du Parlement fait l’objet de tant de convoitises, que l’on se croirait presque dans une pièce de Shakespeare – le talent en moins. Murr, Aoun, Sleiman, Joumblatt, Geagea… par ci, par là. Si seulement on pouvait parler de Brad, de George, de Colin ou de Leonardo avec le même enthousiasme, avec la même passion, ce serait plus – comment dire – excitant. Eh non… Vous avez beau essayer de glisser une phrase dans ce genre de discussion, c’est inlassablement peine perdue. « Avez-vous écouté l’excellent « Déranger les pierres » de Carla Bruni ? ». Une oreille se tend. Carla Bruni ? Sarkozy ? « Sarkozy mène une bonne politique dans la région. D’ailleurs, il vient bientôt au Liban… ». Et c’est reparti pour un tour. Vous auriez préféré voir son épouse en concert au Music Hall, à l’instar de Jane B. l’année dernière… Quel grand moment de solitude que cet instant où vous avalez votre calamar grillé, sans la moindre attention de vos compagnons de table et que votre verre sonne dans le vide depuis une demi-heure. Vous avez pourtant parlé de ce film avec Angelina Jolie, quoi 5 minutes, et puis hop la conversation a tourné court et a viré en un « Kalam el nass » version Roadster sis au City Mall. Si au moins ce genre de discussions avait un tant soit peu de cohérence, vous auriez tendu l’oreille. Si le programme d’un candidat (encore faut-il qu’il ait existé) était à l’ordre du jour, vous auriez songé à participer au débat. Mais le problème, c’est que ça fait 900 jours et des poussières que c’est le même refrain. Vous avez fini par la connaître la chanson. « Tu es contre et je suis pour, je suis contre donc je suis pour ». Entre une bouffée de cigare et une gorgée de Stolichnaya, chaque libanais se prend pour le Jean-Michel Apathie de service. Sauf que n’est pas l’analyste politique du Grand Journal qui veut. Et le ton monte, les visages virent tour à tour à l’orange ou au violet pour finir dans une broutille sans queue ni tête entre deux copains de longue date. Et vous, le nez dans votre assiette, vous essayez de passer à autre chose. L’air conscrit, vous tentez de faire diversion en parlant de Julien Doré – que nenni. Vous jetez l’éponge. Votre calamar vous fait de l’œil, le champagne a tiédi et vous voilà, pour la énième fois depuis quelques semaines, en train de rêvasser de votre lit… Ca y’est, vous avez raté Ruquier, il est trop tard. C’est que la vie avec une heure de décalage sur l’Hexagone, n’est pas de tout repos. Pendant que vos proches sont scotchés dès 19h55 devant leur tube cathodique, vous, vous faites une virée chez Denisot. Avez-vous essayé de passer un coup de fil ou de parler avec quelqu’un à cette heure-ci ? C’est comme si vous cherchiez à téléphoner à Obama en plein sommet du G8 ou de convaincre un fan de Gainsbourg et de Bashung des bienfaits de la musique de Céline Dion… Le pire dans tout ça ? C’est que nous ne sommes que début février.

L’Histoire et moi – Médéa Azouri – L’Oient-Le Jour – 24 jan. 2009

21 juillet, 9 novembre, 13 septembre, 11 septembre, 14 février, 14 mars, 20 janvier. Armstrong sur la lune, la chute du mur de Berlin, Rabin et Arafat les mains jointes, l’effondrement des tours jumelles, l’assassinat de Rafic Hariri, la grande messe d’un million et demi de Libanais, l’investiture d’Obama…
Vous étiez où ? Vous faisiez quoi ? Vous vous en souvenez comme si c’était hier. Vous étiez devant la télé, chez le coiffeur, en voiture, au bureau quand vous l’avez appris, réalisé puis compris, quand vos yeux se sont embués de larmes et que la chair de poule a gagné toute la peau de votre corps, quand vous avez souri, espéré, crié la victoire, quand vous avez tremblé, composé des dizaines de numéros de téléphone… quand vous avez rêvé, vous aussi, un monde meilleur. « Tu pourras dire, j’y étais… ». Quelques deux millions de personnes présentes à Washington ont vécu ça, ce mardi 20 janvier, quand Obama, le 44e président des Etats-Unis est arrivé sur les marches du Capitole. Nous aussi, on y était, devant la télé. Et dans 20 ans, on dira, « ce jour là… ». L’Histoire est ainsi faite. De grands moments universels qui marqueront au fer rouge, rose, vert et à jamais, la mémoire collective et la vôtre. Une succession de dates malheureuses ou joyeuses, de moments noirs ou remplis d’espoir, qui ponctuent une vie dans le monde. L’Histoire, avec un grand H. Puis il y a l’autre histoire. Avec un grand H aussi, mais pas pour tout le monde. Parce que cette histoire-là, elle en a marqué certains et pas d’autres. Cette histoire-là, ce sont des moments forts, des grands moments, que chacun a vécu passionnément ou dans l’indifférence. Ce sont également des dates, des pages qui se tournent, une ère qui se termine, une autre qui commence… Un évènement que l’on vit en collectif et en individuel. Cela va par exemple, des morts tragiques de Marylin le 5 août 1962, d’Elvis, en août également, le 16 de l’année 77, de John Lennon, le 8 décembre 1980, de Claude François en mars 1978, de Dalida en mai 87 ou de Serge Gainsbourg, le 2 mars 1991 à la première diffusion mondiale du clip de « Thriller » un soir de décembre 1983, une des prestations à Woodstock en août 69, la sortie de E.T. en 82… Pour certains c’est l’histoire, pour d’autres non. On a révolutionné la musique, le cinéma, le clip, l’art ; c’est énorme, mais toutes proportions gardées, on n’est pas totalement dans l’Histoire et pas vraiment en dehors. Les avis sont mitigés, à l’instar de ces réactions que l’on peut avoir vis-à-vis des phénomènes générationnels comme Saturday night fever, Clockwork orange, Footloose, Dirty dancing, Le grand bleu, High school musical ou tout récemment Twilight. Des films pour adolescents et jeunes gens. Des films que les adultes que sont devenus ces ex-adolescents ne comprennent pas, ne comprennent plus… C’est là, qu’on s’approche de la petite histoire, des petites histoires, de nos petites histoires. Parce que là, il ne s’agit plus des rendez-vous avec l’histoire, mais d’une série de rencontres, qui font notre histoire. Un film, un disque, un chanteur, un pays, une chanson, un roman, un événement qui ont fait tourner les pages de notre livre personnel. Le premier film qu’on a vu au cinéma sans ses parents, le premier CD qu’on a acheté après l’ère du vinyle, un concert de rap auquel on a assisté à 13 ans, la découverte d’un chanteur folk dans le walkman d’un ami, une date d’anniversaire, la première fois qu’on a entendu un morceau de rock, une émission télé en clair et complètement décalée, le premier slow qu’on a dansé avec cet amour platonique d’adolescent, une série télé pour grands qu’on n’avait pas le droit de voir, un livre un peu érotique piqué dans la bibliothèque de sa grand-mère avant-gardiste, l’exposition d’un peintre qui influencera à jamais un amour particulier pour les impressionnistes, un prof de français qui nous a fait aimer Proust, une chanson qui symbolise le passage à l’âge adulte, un parfum qui sera à jamais associé à une histoire d’amour… tout ce qui nous a marqués. C’est comme ça qu’on en parle. Ce sont nos événements à nous, ceux qui nous ont pénétrés à jamais, ces dates qu’on n’oubliera pas, toutes ces petites grandes choses qui ne s’effaceront pas de nos mémoires, qui feront de nous ce que nous sommes. Notre histoire. Avec un grand H.

L’exception libanaise – L’Orient Le jour – 17.01.09 – par Médéa Azouri

Coincés au milieu d’une foule moite et surexcitée, vous ne comprenez pas ce qui se passe. Les jeunes et quelques rares moins jeunes, sautillent en criant les paroles de cette chanson interprétée par Claude Barzotti : « mais où est la musique… la douceur des violons ». Quel grand moment de solitude. D’incompréhension. Et d’étonnement surtout. Qu’est-ce que c’est que cette chanson ? Claude Barzotti ? La question n’est pas de se demander : qui l’écoute encore ? Même dans une soirée « French night ». Lui, Jean-Luc Lahaye ou C. Jérôme ? Non, la véritable question est : comment est-ce que l’on peut connaître cette chanson de Claude Barzotti ? Comment, un morceau sorti en 1992, signé par un type qui était déjà devenu un total has-been, a-t-elle pu atterrir dans les oreilles de vos copains. Et qu’a-t-il bien pu se passer « avant », pour que cette chanson, eh bien, ils la connaissent par cœur. C’est parce qu’on est à Beyrouth… tout simplement. L’italo-français a certes chanté « Le rital » mais n’a pas fait une carrière particulièrement extraordinaire ni en France et encore moins en Italie… mais au Liban, on se souvient de lui. Et ces réminiscences sont tellement présentes encore, que l’interprète de « Madame » et de « Je ne t’écrirai plus » – deux number one au Liban, a donné un de ses « récital » au Rimal (ça rime et ça ne s’invente pas) il y a deux ans. Ha ha ha ? Ca dépend pour qui. Parce qu’il faut savoir que des jeunes plutôt branchés ont quand même été l’applaudir ce fameux soir de novembre… Si, si. Mais pourquoi ? Il faut remonter un peu en arrière. La guerre est presque finie et les radios dites libres explosent. Certains programmateurs à la larme sensible, adorent les chanteurs, comment dire, un peu ringards et passent en boucle des faces B et les nouveaux singles de types qui ne savent plus comment revenir sur le devant de la scène. Ca tombe bien, parce que comme peu d’artistes acceptent encore de venir se produire au Liban, les producteurs tentent les apprenties stars oubliées à petit cachet, les habitués du Macumba à Ajaltoun, les Mario Pelchat, les Jean-Jacques Lafont (mais si vous le connaissez, c’est celui qui chantait « Le géant de papier » : quand je la regarde, moi l’homme loup au cœur d’acier…), les Gilbert Montagné, Philippe Cataldo alias la « Diva du dancing », et autres Raoul Di Blasio. Et ça a marché. Pas seulement parce qu’à l’époque, il n’y avait pas grand chose d’autre à faire, mais parce que le libanais a toujours eu un goût prononcé pour les choses légèrement dépassées, pour des choses insensées qui vont de la musique à la mode en passant par mille et un autres détails de l’art de vivre local. C’est ce qu’on pourrait appeler l’exception libanaise. Une particularité que l’on ne trouve nulle part ailleurs : une sorte de combo qui réunirait une chanson de Bernard Sauvat, une chemise Façonnable, une paire de Sébago (qui vient de rouvrir à Achrafieh) et une BMW des années 80, le tout saupoudré d’un « Hi, kifak, ça va ? ». L’exception libanaise dans toute sa splendeur. Cette affection intemporelle pour des choses que le monde entier a oubliées. Ce penchant prononcé pour des codes vestimentaires hors mode, hors norme et hors temps. Un style pas tout à fait italien, pas tout à fait libanais. Une chaîne en or qui brille sur un torse velu, un cigare dans la bouche en toutes circonstances et une paire de bottes très pointues (pour les femmes et pour les hommes). Un top ultra moulant, ultra court et ultra brillant sur un jeans ultra près du corps et ultra clouté, avec un maquillage ultra marqué – une sorte de « Djemila des Lilas » d’aujourd’hui (Jean-Luc Lahaye pour info), qui adore se trémousser un whisky-coke à la main sur un refrain d’Hervé Villard version 1995 ou sur « La fille aux cheveux bleus » de Rachid – oui oui, laissez tomber… Il y a rien à comprendre. C’est juste une caractéristique propre au libanais. Une énigme aussi étrange que l’idolâtrie d’un chinois pour Pierre Cardin, le japonais qui se parfume à l’Alain Delon ou le russe qui vénère Patricia Kaas. Il y a des choses comme ça, qu’il ne faut pas chercher à analyser. Un peu comme si vous essayiez d’expliquer à votre copain français, pourquoi il y a certains sens interdits que vous prenez et d’autres pas et pourquoi c’est le flic qui vous demande de passer au rouge. C’est ça l’exception libanaise. Une exception ex-tra-or-di-nai-re.

Bhebak ya Loubnan – Médéa Azouri – L’Orient-Le Jour, 20 déc. 08

A dix jours du passage à 2009, on ne peut pas ne pas penser aux bilans, aux remises en questions, aux conclusions sur l’année qui vient de s’écouler. Qu’a-t-on fait ? Qu’a-t-on dit ? A-t-on été à la hauteur de nos espérances, de celles des autres ? Est-ce une bonne année ? Un mauvais cru ? Une année comme une autre ? Quelles leçons a-t-on tiré ? Où en est-on ? Restera-t-on ? Partirons-nous ? Il y a bien un moment durant 2008 où vous vous êtes posé la question sur un éventuel départ. Quitter le Liban. Définitivement. Momentanément. Ras-le-bol de ce pays, de ses politiques, de ses conflits, de ses élections, de ses invasions, de ses coups foireux et de ses pots de vin, de ses faiblesses et de cette foutue inaptitude à faire du bien à son peuple… Comme c’est facile. Comme c’est facile de le détester ce petit pays, de le haïr, de le mépriser, de s’en plaindre et de le comparer à un ailleurs plus serein, de le critiquer et de vouloir le boycotter. Plus facile que de le défendre et pourtant… C’est un fait, le Liban ne laisse personne indifférent. Et de ce point de vue-là, les libanais sont à priori d’accord. Ce pays des extrêmes nous donne à nous, libanais, des sentiments contradictoires : j’aime, j’aime pas, j’attaque, je défends… Sauf que là, en cette fin 2008, en ces temps de crise, en ce moment de remise en question et autres causes, une seule chose est sûre. Il fait bon vivre au Liban. Quoi qu’on en dise et quoi qu’on en pense. Parce que voilà. Malgré la multitude de destinations offertes aux Libanais, c’est ici qu’ils reviennent passer les fêtes. Pas seulement pour y être en famille ou retrouver les amis. Mais parce que c’est là qu’il faut être. C’est comme ça. Une fois qu’on vient au Liban… c’est foutu. On y reviendra. Quoi qu’il arrive. Ce magnétisme libanais en a fait succomber plus d’un. Qu’on soit libanais, français, italien ou américain. Et même si un jour on a décidé de laisser derrière nous, et pour de bon, les plaines de la Bekaa, la montagne du Chouf ou une Beyrouth envahie, on est resté libanais à jamais. Alors oui, c’est facile de le descendre ce satané pays de 10 452 km2 et de le railler, mais putain qu’est-ce qu’il est attachant ce pays. Lui, ses habitants, leurs défauts, leurs failles, leur manque de civisme. Ce bordel ambiant, ces starlettes à deux balles, ces bonnes femmes qui pleurent, les bras chargés de fleurs, à la porte d’arrivée de l’AIB. Cette commerçante qui offre un Chicklets à votre fils parce qu’il est mignon, le type du parking qui vous dit de payer la prochaine fois, l’infirmière qui vous apporte des pommes et des avocats de son verger de la montagne, cette vendeuse qui vous met un sac de côté en attendant les soldes, cet inconnu assis à côté de vous dans l’avion, qui vous enlève votre plateau-repas pendant que vous dormez et qui remet sur vos jambes la couverture qui avait glissé par terre. Elles sont belles ces libanaises qui ornent nos panneaux publicitaires, ces libanaises qui sortent seules le soir, cette voisine qui vous envoie une snayniyé pour célébrer la première dent de sa fille, cette amie qui attend votre fils en bas, lorsqu’il rentre en autocar, ces tantes qui vous tricotent des écharpes et des bonnets, cette femme qui vous sourit tous les matins quand vous partez. Elles sont belles ces libanaises que vous croisez dans les restaurants, ces amies qui vous mentent pour mieux vous surprendre et qui vous soutiennent quelles que soient les difficultés que vous traversez. Elles sont belles ces femmes avec qui vous bavardez chez le coiffeur, ces libanaises qui s’occupent de vous et qui vous rendent belles à votre tour. Il est beau ce Liban où vos collègues deviennent vos amis, où vos amis deviennent vos frères, où vos frères viennent chaque année. Ce Liban où l’on ne trouve plus une table dans un restaurant pendant les fêtes, où les SMS sonnent sans cesse pour vous inviter à aller réveillonner dans une « salsa night spéciale karaoké », où les gens qui malgré tout ce que l’on penser sur les raisons qui les animent, viennent vous présenter leurs condoléances et vous disent mabrouk quand un enfant paraît. Il est attendrissant ce Liban où n’importe qui vous add sur FaceBook, ce Liban où chantent Rayess_Bek et les Soap Kills, les Scrambled Eggs, SalmaNova et Mouzanar. Ce Liban où tournent les Joreije, Philippe Aractingi, Danièle Arbid et Nadine Labaki. Ce minuscule pays que Catherine Deneuve a « voulu voir » parce que sa sœur Françoise (Dorléac) aimait y venir danser. Elle avait tout compris Françoise. C’est ici et nulle part ailleurs qu’il faut venir danser.