Delicatessen – Médéa Azouri – L’Orient-Le jour – samedi 25 juin 2011

L’enfer est pavé de bonnes intentions. Le Liban, de gens mal intentionnés. Ces gens qui adorent relever vos travers, souligner vos faiblesses, faire mal là où ça fait mal. Bref, ces voisines, ces copines, ces oncles qui adorent vous sortir la phrase qu’il faut quand il ne faut pas. « T’as trop maigri. T’a trop grossi ». « Dis-moi, après cinq ans de mariage, tu ne penses pas avoir un enfant ? Ou tu ne penses qu’à ta carrière ? ». Mes ovaires polykystiques, mes problèmes hormonaux et les fécondations in vitro qui n’aboutissent pas, tu n’y as pas pensé, toi ? « Un seul enfant chérie ? Tu n’en veux pas un deuxième ? Tu ne veux pas lui donner un frère ou une sœur ? Tu es d’un égoïsme ahurissant ». Mes problèmes familiaux, maritaux, financiers et (re)hormonaux… ça ne t’a jamais traversé l’esprit qu’il peut y avoir une tonne de raisons pour que je me sois inscrite involontairement dans le système chinois de l’enfant unique (culte). Pour remuer le couteau dans le (pas fair) play, les Libanais sont les rois. Empathie niveau ground zéro. J’étale mon bonheur ou je râle, gémis, me plains devant n’importe qui sans tourner ma langue sept fois avant de l’ouvrir. « Je suis déprimée, papa ne me laisse pas aller à New York pendant les grandes vacances ». Et ça déprime, pleure durant un mois, trouvant la vie difficile et papa injuste. Le mascara coule, le nez aussi. Mademoiselle est fâchée, alors elle va se changer les idées au volant de sa A6 modèle 2012, reçue pour ses 18 ans. Un peu de shopping, ça la calmera. Adieu monde cruel ! Tout est relatif, certes, mais si elle pouvait, la gentille demoiselle, arrêter de se morfondre devant sa meilleure amie, coincée entre ses parents qui s’entretuent dans un divorce pourri et qui de New York ne peut pas même coller un poster dans sa chambre, car elle ne sait toujours pas qui des deux aura sa garde. « Je suis mal ». N’importe qui peut aller mal. On a tous nos coups de blues, nos moments de down, nos déprimes, nos instants difficiles. On traverse tous des périodes ombragées. On rencontre des embuches, fait face à des deuils, à des pertes. La question n’est pas de se taire. Mais de savoir quand se taire. Et devant qui, la boucler. C’est ça le grand hic. L’indécence de ceux qui ne ménagent pas leurs pairs. De ceux qui n’ont aucune considération pour l’autre. « Je suis fatigué. J’en peux plus. » Ouais, c’est bon. Arrête de te plaindre, tu n’en fouts pas une. Tu ne travailles quasiment pas. Tu te réveilles à midi tous les jours. Tu as trois personnes qui bossent à ton service. Ah oui, j’oubliais, ça te rend malade quand l’une d’elles prend son dimanche. Et c’est l’hécatombe si les trois ont la fête nationale de leur pays à célébrer. C’est vrai que tu as oublié que toi, le rentier, qui récolte ce que ses ainés ont semé, tu t’adresses à ton ami d’enfance qui trime du matin jusqu’au soir pour pouvoir payer l’université de ses enfants. C’est vrai que tu n’as pas aimé la couleur du canapé (à 25 000 euros) que tu viens de t’offrir et que tu as piqué un fard inoubliable, en insultant le vendeur, tandis que l’autre en face de toi, n’a toujours pas de quoi changer sa vieille BMW 2002… On se plaint de petits soucis financiers face à celui qui a un découvert à la banque, d’un ongle incarné face à celui qui se bat contre un cancer, d’un enfant qui n’a eu (que) 15 de moyenne face à la mère d’un garçon qui vient de redoubler. On râle parce qu’on n’a pas eu la suite qu’on voulait au Prince de Galles alors que l’autre ne peut même pas s’offrir un week-end en amoureux à Jbeil, on trouve son 300 m2 étriqué quand l’autre loue un deux pièces sans A/C. On affiche fièrement sa quatrième grossesse devant sa copine célibataire de 45 ans, on exhibe sa nouvelle sublimissime conquête à son meilleur pote qui vient de se faire larguer, on parle de sa nuit torride à une copine qui n’a rien fait depuis des lustres, on claque son bonus sur une rivière de diamants après une virée shopping chez H&M avec sa cousine… Ils se comptent sur les doigts d’une main, ceux qui “font attention”, parlent avec prudence et pudeur, s’expriment avec tact, réfléchissent avant de dire une connerie blessante par maladresse. Les autres, la plupart des autres n’ont plus la mesure de rien. Ne savent plus comment échelonner leur système de valeurs. La plupart des autres ne respectent pas les peines et les douleurs. Ils vivent dans un autre monde, déconnectés de la réalité et ils s’en foutent… La délicatesse est essentielle. Vitale même. En ce moment, en ces moments, on a tous besoin d’un peu de douceur… dans ce monde de brutes.

Publicités

Wanna Be – Médéa Azouri – L’Orient-Le Jour – samedi 18 juin 2011

On a communément tendance à penser que le Liban est un pays où très peu de professionnels exercent. C’est vrai que la plupart des gens avec qui on travaille, sont généralement des amateurs. N’importe qui devient plombier ou chauffeur, n’importe qui se lance dans la restauration, ouvre un bar, fait de la musique, devient esthéticienne. Les vendeuses savent rarement vendre, les électriciens brûlent les câbles, les profs de sport n’en font pas, les nutritionnistes prescrivent, les politiciens n’y comprennent rien. Le Liban est un pays d’amateurs. C’est ce qui fait son charme d’ailleurs. C’est le voisin qui t’arrange l’ampoule du grenier, le cousin qui te scie une table, la copine qui te fait le catering. L’amateurisme, ça a du bon. Certes. Mais la chose la plus intéressante dans la société libanaise, c’est qu’elle n’est pas seulement constituée d’amateurs, mais surtout, surtout, de « wanna be ». On le sait bien, la société libanaise est constituée de groupes sociaux. De strates, de castes, de niveaux, qui mêlent les confessions mais presque jamais les revenus. On ne mélange pas les serviettes et les torchons au Liban. Sauf si l’autre est intéressant, intelligent ou connu. Là, on accepte les pièces rapportées parce que ça fait bien. Eh bien, même ces groupes sociaux confortablement établis, la plupart centrés sur les apparences, sont constitués à 90% de « wanna be ». Personne n’est véritablement à l’aise dans son uniforme, dans son costume. Tout le monde rêve d’être quelqu’un d’autre. Complexes ? Ennui ? Manque de personnalité ? Envie ? Les raisons sont multiples. Et le résultat le même. Et c’est drôle, excessivement drôle de regarder ces « wanna be » en puissance, œuvrer et évoluer… Les plus beaux ? Les wanna be riches. Si un journaliste de la BBC, il y a à quelques années avait défini les Libanais de la manière suivante: Lebanese people spend money they don’t have, on things they don’t need to impress people they don’t like, c’est qu’il avait tout compris. Les « j’aimerais paraître riche » sont fabuleux. Cigare (bon marché) à la main, faux sac Chanel et maquillage outrancier, photos dans Mondanité, tout, mais tout est possible pour arriver à leurs fins. Sauf que ces wanna be-là ne sont pas les seuls à boxer dans cette catégorie. Il n’y a pas que des ersatz de friqués dans la grande famille des « bourgeois nantis », il y a tous les nouveaux riches, les parvenus, les anciens riches, les fils de bonne famille (comme on aime les présenter dans les salons achrafiyotes) et les jeunes mariées aux dents qui rayent le parquet. Je te tiens, tu me tiens par la barbichette du dollar. J’arbore un Birkin, je ne voyage plus qu’en business et je lance mes invitations à tour de bras pour immortaliser dans mon album de photos, mes amitiés avec les gens de la High – d’autres wanna be. Mais, ce ne sont pas les seuls à jouer les coudes pour « appartenir à », à avoir de high expectations. Les wanna be sévissent partout, dans tous les milieux sociaux culturels. Il y a les wanna be bobos. Qui habitent dans des quartiers populaires parce que ça l’fait, qui ne se coiffent pas (z’ont pas le temps), traînent rue Gouraud et rue Makdessi, traînent la patte, jouent à l’artiste écorché, au drogué en repentir, disent ne pas fréquenter les soirées mondaines, mais n’en refusent jamais une, sous prétexte que c’est ma cousine-qu’elle est cool-même si elle est friquée-et social climber-et que le crowd ne sera pas vraiment snobinard. Les wanna be bobos sont à tous les vernissages, se payent des toiles (parce que s’ils peuvent êtres aussi bohèmes, c’est qu’ils sont bourrés aux as) les emportent dans leur Mini (ils ne conduisent jamais de berlines) et vont nager à Batroun ou dans des plages plus nature. Le désir d’en être est donc commun à tous les groupes. Wanna be bimbos usant et usant de la chirurgie plastique, quitte à contracter un emprunt sur 72 mois pour se refaire les seins, le nez et liposucer les cuisses, passant à la teinturerie capillaire chaque deux semaines, les wanna be intellectuels de gauche arabisants (proches des bobos et des riches) qui “ne se prennent pas la tête sur des problèmes superficiels, utilisent Facebook comme un grand réseau de propagande et de militantisme et aiment perdre leur temps dans des considérations existentielles”. Faut juste leur dire que Paolo Coehlo n’est pas le plus grand philosophe de tous les temps, ni Marc Levy, un grand auteur. Wanna be jeunes, wanna be plus vieux, wanna be styliste de mode, créatrice de bijoux… Pffft. Bon faut que j’y aille, je dois ‘m’la jouer.

Ensemble, c’est trop – Médéa Azouri – L’Orient-Le Jour – samedi 11 juin 2011

Au royaume des choses chiantes, les fantasmes sont rois. Et si on pouvait se créer un monde parfait ? Pas un Lalaland utopique. Bien au contraire. Un véritable univers personnel où les règles seraient les nôtres. Où les lois seraient les nôtres. Sans aucun “judgmentalisme” à deux balles, venant d’une société (soi-disant) bien pensante. On pourrait faire ce qu’on voudrait sans crainte du regard d’autrui. On pourrait vivre à deux mais séparément. À la Brassens. Sur un même pallier par exemple. Ou dans un immeuble avoisinant. Avec des voyages qui entrecouperaient la routine. Une vie de couple moderne, à Beyrouth. Sans tabous. Est-ce que ce serait ça le secret d’une union réussie ? Une souplesse dans un mode de vie totalement archaïque. On briserait l’ordre établi pour sauvegarder l’amour. Chacun aurait son mode de vie, son jardin secret, ses habitudes, sans entraves. L’envie de se voir résisterait au déjà-vu. “Tu fais quoi ce soir ?”. Ce serait extraordinaire. Ce soir, je dors à 21 heures. Toi, à pas d’heure. Tu pourrais te coucher à une heure indue, moi avec les poules. Je me lèverais le matin, ouvrirais les volets sans crainte de te réveiller. Je fumerais au lit sans te déranger. Tu prendrais ton temps pour te préparer sans être pressé par mes incessants “t’as fini ?”. J’utiliserais la salle de bain, y passerais une heure, à me faire des gommages, me maquiller, m’enduire de crème sans que tu pousses les hauts cris parce que tu vas foirer ton rendez-vous. Je ne serais pas obligée de baisser la lunette des wc en râlant et tu ne trouverais pas mes longs cheveux blonds dans la balou3a. Je m’habillerais tranquillement, et pas dans le noir. Je jetterais mes habits sur le lit et toi par terre. Tu pourrais ronfler à loisirs et moi, regarder un girl’s movie sans complexe. Tu materais des filles dans un combat de boue et je fantasmerais sur Brad Pitt, le sourire aux lèvres. On n’en saurait rien. Tu émietterais des cracottes sans que je pousse une gueulante, je dormirais en travers de ce grand king size. Je pourrais fermer toutes les portes, éteindre les lumières, empêcher le moindre rayon de soleil d’entrer, l’A/C à fond ; tu pourrais dormir les fenêtres ouvertes, sans draps, ni couette. Si nous n’étions pas dans la même maison, tu pourrais laisser traîner tes affaires, oublier l’emballage du Kit Kat sur la table, sans que je vienne te sermonner. Je ne te demanderais pas toutes les cinq minutes de changer l’ampoule. Je pourrais me promener nue sans que tu me dises que j’ai grossi. Tu pourrais regarder Marcel Ghanem en boucle et je pourrais écouter Cyndi Lauper à tue-tête. Tu ferais des journées marathon de Texas Hold’em, je ferais mon épilation au salon. Je dînerais à 18 heures et toi à 22. Je papoterais des heures au téléphone avec mes copines sans entendre tes commentaires ou tes sarcasmes. Tu pourrais lancer des blagues salaces sans que je ne me sente en danger. On aurait des enfants qui passeraient chez l’un et chez l’autre quand bon leur semblerait. On sortirait ensemble et parfois pas. On aurait chacun nos vies, sans aucune obligation. J’irai danser avec mes amies, tu irais à Faraya. Je rentrerais torchée, sans que tu le remarques, ni m’engueules. Je pourrais lire en silence et toi jouer avec bruit et fureur à la PS3. Puis tu partirais un mois, pour du travail. Je t’attendrais impatiemment à l’aéroport. Tu m’enverrais des lettres (eh oui, pas des mails). Et des fleurs (autre que pour la fête des mères). Quand tu rentrerais, tu m’inviterais à dîner, par envie. Je me ferais belle pour toi. J’irais chez le coiffeur et porterais une belle robe. La nuit entamée, tu viendrais chez moi, pour y dormir. Et tu me retrouverais dans mon lit, pas pour y accomplir un quelconque devoir conjugal, mais par désir et pour le plaisir. Et enfin, une fois qu’on aurait vécu toutes ces années d’amour et d’individualité préservés, nous déciderons à la fin, de ne pas vieillir seuls. Et nous emménagerons à l’aube de nos 65 ans, enfin, dans la même maison. Je te cuisinerais mes petits plats avec amour, tu t’occuperais de moi avec douceur et tendresse. Nous recevrions nos enfants et nos petits enfants dans cette nouvelle maison, que nous aurions décorée avec plaisir. Parce que finalement, nous, nous aurions sauvé les meubles…

 

Lui – Médéa Azouri – L’Orient-Le Jour – samedi 4 juin 2011

Il avait 36 ans la première fois que je l’ai vu. Il m’a tout appris. Il m’a guidée sur un chemin que je n’aurais jamais osé emprunté. Il a lu. En moi, en eux, en nous. Il savait ce dont on était capable. Il y a cru. Nous aussi. Il avait une vision. Sa vision. Il m’appelait « binté ». C’était normal, il était mon père spirituel. Mon guide. Il a fait ce que je suis. Il a fait ce que j’écris. Jeudi, ça a fait 6 ans. Six ans, que Samir Kassir est parti. Malgré lui. Six ans sans réponse. Son printemps s’est figé et Beyrouth ne sera plus jamais la même. Chaque jour, je passe devant le jardin qui porte son nom. Chaque jour, je croise cette statue d’un lui désinvolte. Chaque jour, il me manque. Chaque fois que je termine un papier, je me demande ce qu’il en aurait pensé. J’entends son rire, ses remarques, ses conseils… Enfant, je n’aurais jamais imaginé qu’un jour, on assassinerait quelqu’un que j’aime. Pendant – ce qu’on appelle politiquement correctement – les événements, j’ai été épargnée. J’ai grandi ailleurs. De la guerre et la violence, je n’avais que les échos. De lointains échos. Comme le résonnement d’un tir dans la montagne du Kesrouan. Rien de plus. En France, j’étais la Libanaise. Celle dont la famille subissait la guerre. Quand je venais en été, j’étais la Française. Jamais totalement l’une ou l’autre. Cette violence-là, celle des affrontements, des francs-tireurs, des bombardements, des crimes de guerre et des tortures, je ne l’ai jamais côtoyée. Ni de loin, ni de près. Je n’ai rien perdu pendant la guerre. J’ai eu de la chance. Beaucoup de chance. J’ai été épargnée. Je suis (re)venue à Beyrouth. J’avais 22 ans. Samir Kassir m’a prise sous son aile. Longtemps après L’Orient-Express, il m’a suivie. Reprise en mains. Réorientée. Critiquée. Il me surnommait la pétasse de l’Orient-Express. Ça aurait pu être le titre d’un livre. Jamais je n’aurais cru qu’un jour, ses yeux rieurs et ses sarcasmes viendraient à se taire ainsi. Jamais, je n’aurais cru qu’il ne porterait plus son imper et qu’il arrêterait de se ronger les ongles. Jamais je n’aurais cru que Samir nous quitterait ainsi. Je n’ai jamais osé écrire sur lui. Parce que mes mots ne seront jamais à la hauteur de l’homme. Parce qu’il n’est pas là, pour raturer mes erreurs, corriger mes incohérences ou me féliciter (peut-être). Je n’ai jamais osé écrire sur lui, parce qu’à chaque fois qu’il vient à mon esprit, j’ai la gorge qui se serre et mes maux écrasent mes paroles. A ce moment très précis où j’écris, mes yeux s’embrument. Ma cicatrice se ravive et ma peur de ne jamais savoir, revient à la charge. Je n’arrive pas à me résigner, ni à accepter de parler de lui au passé. Je n’y arrive pas. Et pourtant… Le jeudi 2 juin 2005, quelque chose de mon enfance et de mon insouciance a disparu à jamais. Le jeudi 2 juin 2005, on a volé ma légèreté, violé ma candeur, détruit à jamais mes rêves de gamine. Le jeudi 2 juin 2005, sous les décombres de sa voiture où se trouvait ce petit pyjama qu’il avait choisi pour mon fils et qui, intact, reste caché dans mon tiroir à trésors, on a enterré ma/notre jeunesse. Nous, les enfants de Samir. Ceux de l’Orient-Express et du Nahar, de l’USJ et du Monde Diplomatique, ceux de la Révolution du Cèdre. Je ne trouve pas les mots justes pour parler de lui. Je ne sais pas rendre hommage. Je ne le veux pas d’ailleurs. J’aurais préféré lui parler. L’appeler pour qu’il m’engueule ou qu’il m’apaise. J’aurais tellement aimé qu’il me dise quoi faire, comment faire, plutôt que de poser ces lignes sur cette feuille, qu’il ne lira jamais. J’aurais préféré avoir peur, comme il y a quinze ans, lorsqu’il me demandait de venir dans son bureau mon texte à la main, plutôt que de douter de ce papier. J’aurais adoré qu’il me dise encore, combien il avait aimé « Los Angeles », combien j’avais grandi, changé, muri. J’aurais adoré, mais c’est impossible. Pourtant, chaque fois que j’écris, j’entends sa voix. Je sens son regard. J’aperçois son hochement de tête. Chaque fois que j’écris, c’est toujours un peu pour lui. Parce que c’est grâce à lui. Parce que sans lui, je n’aurais pas compris. Parce que c’était lui. Je sais Samir, je n’aurais peut-être pas dû…