2012 – Médéa Azouri – L’Orient-Le Jour – samedi 31 décembre 2011

366 – 10. Il nous reste 356 jours avant l’Apocalypse (now), selon les Mayas. Une année bissextile qui devrait prendre fin le 21 décembre prochain. Ce soir, aux douze coups de minuit, nos jours devraient être comptés, si la prophétie dit vrai… C’est drôle de se dire qu’on va tous se barrer en même temps, dans un gigantesque feu d’artifice. La terre implose et Boum ! Ce serait l’idéal en fait. On se tient la main et hop, rendez-vous quelques instants plus tard, en haut ou en bas. C’est au choix. Personnellement, je crois qu’en haut, ça risque d’être un peu boring. Tandis qu’en bas, il se peut fort probablement qu’on tombe sur tous nos potes. Mais comme c’est au choix, on alternera. Un coup en haut, un coup en bas. Comme Tirelipimpon sur le chihuahua. Bref, la fin du monde est annoncée. Et on ferait quoi s’il ne nous restait que 356 jours, à partir de demain matin ? Vous décideriez quoi ce soir, imbibé de champagne, le foie trop gras et l’œil (de morue) qui scrute les cotillons scotchés sur la tête de votre compagnon ? Vous feriez quoi durant cette dernière année ? Sachant aussi, que c’est la dernière année pour tout le monde et que certainement, il y a des millions de terriens qui pensent faire la même chose. Ce serait une immense, une gigantesque, une merveilleuse scène d’hystérie collective à laquelle on assisterait. Un capharnaüm sans précédent. Avec des gens paniqués, en train de courir dans tous les sens, de l’eau qui coule, les immeubles qui s’effondrent, l’électricité qui se coupe, de la fumée noire partout ? Naaan. Juste la terre qui implose. Vont pas nous emmerder non plus comme dans les films catastrophe où y’a juste une petite voiture rouge qui arrive à sauver quelques survivants, style Arche de Noé, avec John Cusack au volant. Non non. Là, ce serait chouette pour tout le monde. Pas de peine ni tristesse, pas de douleur, on part tous ensemble et on ira tous au paradis. Qu’on soit béni ou qu’on soit maudit, on ira. Toutes les bonnes sœurs et tous les voleurs, toutes les brebis et tous les bandits (…) avec les saints et les assassins, les femmes du monde et puis les putains, on ira tous au paradis. Nous, les autres, les assassins, les bonnes sœurs. Surtout qu’avant le jour fatidique –  qui nous ferait la surprise de ne pas débarquer le 21 – on s’en serait donné à cœur joie. La débandade. Ce n’est donc pas le jour J qui est important mais tous ceux qui vont précéder… Prendre donc cette nouvelle comme une grosse party où l’on pourrait faire tout ce qu’on n’a pas pu faire, avant. Sans scrupules mais sans perversité non plus. En toute impunité mais sans anarchie. Du genre, foutre une baffe à chaque personne qui nous emmerde. Le conducteur de taxi qui vient en sens inverse et qui, le regard concupiscent, vous lance une remarque salace. Descendre de sa caisse et lui en coller une. Une droite bien expédiée. Puis dire à l’inutile darak qui se trouve au croisement, de se mêler de ses affaires et d’aller se faire mettre. Pouvoir dire tout haut ce qu’on pense, à qui l’on veut. En bien comme en mal. Randomly, avouer ses sentiments et/ou envoyer balader ceux qu’on abhorre. Se lâcher en matière de sexe. Tout essayer et ne rien laisser au tabou. Les p’tits jeunes, les vieilles, les beaux, tous ceux qui nous font fantasmer. Assez commode comme souhait vu que d’autres penseront faire exactement la même chose. Aucun mal donc à trouver un/une partenaire. Faire le tour du monde. Visiter des pays auxquels on n’aurait jamais pensé. Devenir Bouddhiste, se purifier, jeter le superflu. Embrasser qui on veut, vivre nu au soleil, arrêter de travailler, braquer une banque, chanter à tue-tête dans la rue, draguer Brad Pitt ou la femme de son meilleur ami, fumer dans son bureau, rouler des pet’ au petit dej, se marier enfin avec l’homme de sa vie, partir retrouver l’âme sœur au fin fond de l’Australie, manger uniquement de la comfort food, du Nutella, des burgers et porter une abbaya pour grossir en dessous sans aucun complexe, ne plus se raser, ne rester qu’avec ceux qu’on aime, vivre une folle histoire d’amour, se laisser aller, continuer à vivre normalement et profiter de la vie, la boire jusqu’à la lie… Dommage hein que la fin du monde ne soit pas pour bientôt ? On se serait bien marré quand même. Et c’est exactement ce que l’on doit faire en 2012. Bonne année.

 

 

 

Pardon – Médéa Azouri – L’Orient-Le Jour – samedi 24 décembre 2011

Un peu plus de… Pardon.

So this is Christmas and what have you done, Another year over, a new one just begun.

Nous y sommes. Ce soir, c’est la belle nuit de Noël. Et ce soir, au-delà de tout, au-delà des discordes, des doléances, de l’amertume et de la douleur, ce soir, je/on pardonne. Emballées les rancœurs de l’année écoulée. Emballées dans des paquets cadeaux, sous le papier soyeux, emballées et bien ficelées avec des rubans rouges. Posées sous le sapin les erreurs commises. On oublie et on passe à autre chose. On tourne la page, on termine le chapitre, on ferme le livre et on le range dans la bibliothèque de nos (mauvais) souvenirs. On peut même le jeter au bucher (des vanités), mais on pardonne. Ce soir, c’est Noël et ce soir, je pardonne. Je pardonne à ceux qui m’ont trahie. A ceux à qui j’ai donné ma confiance. Je pardonne à ceux devant qui j’ai baissé mes armes, fissuré mon armure, mis de côté mon bouclier. Je pardonne à ceux qui m’ont trompée avec (ou sans) scrupules. A ceux qui ont essayé de m’humilier ou jugée. Qui ont pensé que ce que je faisais était infaisable. Je pardonne à ceux qui ont dit que je n’étais pas à la hauteur et à ceux qui ont pu imaginer que j’étais quelqu’un d’autre. Je pardonne à ceux qui ont voulu me modeler, me changer et me façonner à l’envi. A ceux qui m’ont faire croire à l’impossible, à ceux qui m’ont fait rêver et enfin à ceux qui m’ont fait cauchemarder. Je pardonne à ceux en qui j’ai cru. A ceux en qui j’ai placé mes espoirs, à ceux à qui j’ai raconté mes doutes, confié mes secrets. Je pardonne à ceux qui m’ont vendu des mots en s’écoutant parler. A ceux qui ont menti. Je pardonne à ceux qui m’ont lâchée en cours de route. Qui m’ont laissé sur le bas côté, suspendue au garde-fou. Je pardonne à ceux qui ont médis et calomnié des choses à mon sujet. A ceux qui m’ont trainée dans la boue. Je pardonne à ceux qui m’ont descendue de mon piédestal et on changé d’avis. Je pardonne à ceux qui ont peur de l’obscurité, et à ceux qui ont peur de la lumière, ceux qui se plantent, ceux qui pleurent. Je pardonne à ceux qui ne sont pas venus et ceux qui sont partis. A ceux qui craignent l’amour, à ceux qui fléchissent devant leurs (vieux) démons, à ceux qui sont lâches. Je pardonne aux menteurs et aux hypocrites parce qu’ils n’y peuvent rien. Je pardonne aux colériques, aux haineux et aux discourtois… Je sais pourtant qu’aussi grande puisse être ma compassion, il y a des gens à qui je ne pourrai jamais pardonner. J’essayerai quand même. Et je demande d’avance pardon si je n’y arrive pas. Ce soir, je demande pardon à tous ceux que j’ai blessés par inadvertance. Pardon à ceux que je n’ai pas rappelés. A ceux que j’ai négligés. A ceux que j’ai oubliés. Je demande pardon à ceux qui ont cru en moi. A ceux que j’ai jugés trop vite. A ceux que j’aime et à qui je ne l’ai pas assez dit. Je demande pardon pour mes erreurs. Je demande pardon pour mes faiblesses et quelques uns de mes défauts. Je demande pardon à ceux que j’ai fait pleurer. Pardon pour ces moments qui ne seront plus que des souvenirs. Je demande pardon si j’ai causé de la tristesse et je demande pardon pour mes instants de désarrois. Je demande pardon si je n’ai pas assez donné et si je n’ai pas su recevoir. Je demande pardon pour les interrogations que j’ai pu provoquer, pour les demandes non exaucées. Je demande pardon à ceux que j’ai déçus. Je demande pardon à ceux que je n’ai pas aimés, à ceux que je méprise, à ceux à qui j’en ai voulu. Je demande pardon pour mes futures maladresses, pour les décisions que je vais prendre, pour les erreurs que je vais commettre. Je demande pardon à ceux qui m’aiment, et à ceux qui ne me comprennent plus. Je demande pardon parce que j’ai souvent peur. Je demande pardon pour tout et pour rien. Parce que je ne sais pas s’il y a eu faute. Mais je sais qu’il y a eu blessure. Je demande pardon et je pardonne à Dieu mes offenses. A very merry Christmas and a happy New Year, Let’s hope it’s a good one without any fear. War is over if you want it, war is over now. 

Castana – Médéa Azouri – L’Orient-Le Jour – samedi 10 décembre 2011

En presse, il y a ce qu’on appelle un marronnier. C’est un sujet rebattu qui reparaît régulièrement. De façon cyclique comme les feuilles des arbres. Le sujet d’un marronnier n’est pas écrit dans l’urgence, puisque sa parution est programmée. Vous voyez donc de quoi il s’agit : la rentrée des classes, les régimes minceur avant l’été, la Saint-Valentin, les défilés de haute couture, la hausse de l’immobilier, les problèmes sexuels des Libanais, les soldes (on a l’impression d’être dans la programmation de l’émission Capital) et bien sûr, Noël. Les courses de Noël, confectionner un sapin économique, faire une crèche, les idées cadeaux, les promotions, les recettes de buches, où passer la St Sylvestre etc. etc. etc. On prend les mêmes et on recommence. Mais les marronniers n’existent pas seulement d’un point de vue journalistique. Il suffit que le mois de décembre pointe le bout de son nez pour que débarquent en vrac, les ours en polyester, les guirlandes, les Papa Noël sur les trottoirs (ok il y en a toute l’année sur la route de Damas, qui vendent des barbes à papa pleines de colorants), les poinsettias, les arrangements de chocolats /fleurs artificielles/liqueurs, Wham !, les promotions, les SMS et les embouteillages ! C’est comme si tout le monde s’était donné le mot pour faire exactement la même chose que l’année précédente, et celle d’avant, et celle d’avant, et celle d’avant… Pourtant, on est bien d’accord, le mois de décembre est à l’unanimité, celui qui stresse le plus. Oublions le côté « on aime Noël, ses cadeaux, ses chants, le sapin », ça n’a absolument rien à voir. Parce que même le plus grand fan de Santa, l’aficionados des fêtes de fin d’année, le pro de la dinde fourrée, est le 23 au soir, au bord de l’apoplexie, de la crise de nerf. Impossible de passer outre le capharnaüm ambiant. Impossible… Dès qu’on entame la première case du calendrier de l’Avent, tout part en vrille. Faut faire le sapin. Monter sur l’échelle, descendre de l’échelle, remonter sur l’échelle. Mettre les lumières puis accrocher les boules. Préparer le panier du mendiant et commander des arrangements. Et hop, on refourgue à droite et à gauche ce qu’on a reçu ; caramels, bonbons et chocolats. Faut arrêter avec les arrangements qui prennent de la place et qui font prendre trois kilos en un jour à cause des semsmiyé et autres marrons au sirop. Offrons des bougies. Puis c’est la liste. Le cochage de liste. « Je veux le dernier jouet que j’ai vu dans la pub de Télétoon ». Ouais. Sauf que c’est indisponible au Liban. Pas de problème, les gosses, on peut très vite les contenter avec autre chose. Le truc, c’est pas de trouver le cadeau parfait. Le truc, c’est que c’est affreux de faire les courses de Noël durant la période de Noël. C’est le moment où on n’a pas un instant à soi. Parce que bien sûr, tout le monde a décidé de faire une soirée, une expo, un anniversaire, une ouverture de boutique, un événement. Les sms pleuvent, les invitations aussi. Par mail ou sur papier. Un vernissage, une vente de Noël, le premier anniversaire d’une boutique, d’une galerie, une soirée, une after Christmas Party, un mariage, des fiançailles, une signature, le lancement d’un produit, la remise d’une ceinture jaune au taekwondo. Parce que même le prof d’arts martiaux du petit dernier s’y est mis. Pourquoi donc, faire le cérémonial autour de la ceinture jaune, le mardi 20 décembre à 17h, en plein Gemmayzé ? Tout ça, dans un trafic routier que personne ne peut expliquer. Et au son de la voix de Mariah Carey qui s’égosille depuis quelques années, « all I want for Christmas is yooooouuuu ». Que celui qui aime cette chanson, me jette la première pierre. Pourquoi ? Pourquoi Jordy, Wham, Boney M chaque année et en boucle ? Pourquoi tant de haine ? Dans les malls, dans les supermarchés, dans les boutiques, dans la rue même. Ça donne envie de pleurer, pas de dépenser. Sauf son énergie pour se barrer en courant et aller se planquer sous la couette et dire non à tout ce bordel. Ce ne sont ni Mariah Carey, ni une peluche qui chante « Jingle Bells », ni un -30% reçu par sms, ni un poinsettia fané, ni une énième Christmas/red/green/white party qui vont nous faire apprécier la magie de Noël. Sûrement pas. Oh la la, je viens de faire un marronnier. Je viens de parler de Noël comme chaque année. Et comme chaque année, en me plaignant. Il reste quinze jours d’angoisse. Allez, l’année prochaine, promis, je ne le referai pas. L’année prochaine, je me barre. Le 30 novembre.

 

 

 

Il est né le divin enfant – Médéa Azouri – L’Orient-Le Jour – samedi 3 décembre 2011

Il est arrivé. Neuf mois qu’on l’attendait. Un peu moins, un peu plus. Le meghlé est prêt, les souvenirs sont emballés, la poussette attend dans l’entrée. L’enfant prodige débarque à la maison. Précédé de 250 ballons bleus (ou rose), d’arrangements de gerberas et de choux odorants, suivi d’une nounou, d’ours en peluche et de gourmettes en or 18 carats. Le/la petit(e) est enfin là. Et il/elle s’appelle… Taraaaaaa. Comment a-t-on nommé cet adorable nouveau-né ? Le choix du prénom n’est jamais une chose aisée. Surtout au Liban où tant de paramètres entrent en jeu. Le prénom du grand-père pour s’inscrire dans la tradition de la lignée à reconnaître tout en affichant une fierté genre « mon père ce héros » (après tout, ne demande-t-on toujours pas : ibn min ?) son propre prénom dans un acte purement narcissique, celui d’une sœur adorée, un prénom français pour permettre au bébé de s’adapter au monde occidental, un prénom italien ou américain parce qu’on adhère à la culture ou par simple mode, un prénom oriental enfin, dénué d’un caractère confessionnel ou bien au contraire, porteur d’un message religieux. Il faut aussi s’accrocher parfois. Au-delà d’une mode mondiale confirmée par les statistiques de tous les sites internet sur les prénoms, style Lucas, Emma, Laura ou Enzo, il y a les trips libanais. Du genre De Gaulle, Jeanne d’Arc (à prononcer Jean d’Arc) ou encore Maria Mercedes, à l’époque de la série, et les incontournables et extraordinaires Foch, Joffre, Hitler, énormes Starsky et Hutch (pour des jumeaux) ou Madon(n)a. Il doit probablement y avoir eu une recrudescence de Nancy et Ragheb ces dernières années. Les modes sont parfois incompréhensibles – comme souvent d’ailleurs – et même si on a compté beaucoup de Zalfa à l’époque du mandat de Camille Chamoun, allez savoir pourquoi il y a une trentaine d’années, on a eu une frappée de Karl, de Yasmina, de Karim ou de Rania. Tout est possible en matière de prénoms au Liban. Mais alors tout. Et c’est ainsi finalement, qu’on connaît la personnalité des parents. Faut être assez classique pour nommer son fils Elie quand on est de la famille Khoury. Parce que des Elie Khoury, on en connaît tous au moins 3. Faut être assez spé également pour faire des jeux de mots avec le nom de famille. Manzar Helou, Tarek Sakra ou De Gaulle qui appelle son fils Charles. Sur le passeport, c’est grandiose. Surtout quand on débarque à Roissy. D’ailleurs le nombre de gens qui préfèrent donner un prénom français plutôt que libanais est invraisemblable. Et va pour un prénom breton alors qu’on n’a jamais quitté Aley ou pour une Câline au lieu d’un traditionnel Hind. Tarbouche bayyon m3ala2 bel Tour Eiffel ou sur la Tour de Pise. Grande tendance au Liban le prénom étranger. Va quand même falloir s’adapter à la vague chinoise, non ? A quand un Yang Li Estephan ? Le problème ici, plus qu’ailleurs, c’est l’écriture en arabe. S’appeler Midia, Milaaanie ou Lourane, c’est quelque chose. Surtout quand on a à faire avec un douanier ou un fonctionnaire zélé qui n’arrive pas à déchiffrer votre carte d’identité. Y’a de tout au Liban. Comme toujours. Y’a les prénoms ultra patriotiques, les sonorités arabisantes, les originaux, les prénoms composés quand on veut ménager la chèvre et le choux, les créations locales, les passe-partout selon l’accent, comme Rayan, les classiques, les combos classiques du style Karim et Nadim, les variantes américaines où un « i » s’écrit « ee » comme dans (encore) Kareem, les Junior dont on ne connaît jamais le vrai prénom, des prénoms francisés ou occidentalisés, comme Rouphéyel qui devient Raphaël, les prénoms qui racontent une histoire – celle du pays ou celle de la famille – , les surnoms qui collent à la peau, genre Loulou, Jeannot, Zouzou, ceux qui détonnent sur le physique, les unisexes qui prêtent à confusion, les prénoms vieilles France que même les Français n’utilisent plus, les prénoms à plusieurs prononciations du style Amal, les références hollywoodiennes, les déclinaisons entre frères et sœurs : Henri, Henriette, Georges et Georgette, Joseph, Joséphine, Ali et Alia, les mélanges franco/arabo/américano italiens dans une même fratrie : Aida, Mattéo, Chloé et Julian, et j’en passe. Difficile de ne froisser personne en écrivant ce papier. Parce qu’il y a toujours une raison pour qu’on ait affublé son gosse de tel ou tel nom. Quoi que z’auraient pu éviter Adolphe-Hitler en prénom composé.