Ma meilleure copine est un homme – Médéa Azouri, L’Orient-Le Jour, samedi 21 avril 2012

J’ai des copines. J’en ai plein. Des amies, des confidentes, des âmes sœurs, des voisines, des collègues. On partage tout un tas de choses. Le goût du cinéma, le plaisir du shopping, les recettes de cuisine, les secrets, la jalousie ou la rivalité, les peines de cœur et même les mecs. Pas de problème donc de cet ordre là. C’est acquis. Des copains, j’en ai plein aussi. Sauf que là où le bât blesse, c’est que l’amitié hommes/femmes est plus complexe que dans la configuration classique. Parce qu’  existe-t-elle au-delà d’une relation entre un(e) hétéro et un(e) homo ? Est-ce que l’amitié entre un homme et une femme peut être possible ? Et si oui, est-elle réelle ? Et si oui, n’y a-t-il pas quand même un jeu de séduction ? Et si oui, est-elle possible au Liban, où les codes sociaux sont plus compliqués qu’ailleurs, où les jugements sont monnaie courante, où les liens entre les hommes et les femmes sont régis par une espèce de moralité bourgeoise conservatrice et totalement désuète ? Parce que déjeuner, prendre un thé ou dîner avec un homme, donne souvent sujet à débattre. Est-elle avec lui ? Est-ce son amant ? Pourquoi déjeune-t-il avec elle ? Sa femme est au courant ? Blablabla… Trop compliqué de gérer la jalousie et le machisme des maris, la jalousie et l’hystérie de certaines. Néanmoins, il y a d’irréductibles “gaulois”. Ceux qui se foutent heureusement du qu’en dira-t-on. Ce qui n’en reste pas moins compliqué. Le mythe When Harry met Sally est toujours à l’ordre du jour et les films sur l’amitié, l’amitié sexuelle, les fuck buddies et autre friends with benefits, ont généralement tous la même fin. Ça commence au lit, ça continue avec des confidences, ça finit en histoire d’amour. Mythe ? Réalité ? Les sex buddies sont de plus en plus courants. Ce concept sympathique est une alternative pratique à la relation de couple. Un plan sexe qui lie l’alchimie de deux personnes dont les caractères ne sont pas forcément compatibles. Le buddy peut également être un ex pour qui, émotionnellement, on ne sent plus rien, mais avec qui on s’est toujours entendu au lit. Cette amitié-là n’en est pas vraiment une, et souvent, à force de se voir, de bavarder (après), on se trouve des affinités. On oublie donc cette formule. L’idéal serait quoi ? L’idéal serait un combo du/de la meilleur(e) pote/friend with benefits qui ferait l’aller retour entre l’amitié, l’amour et le sexe. Genre : cherche meilleur(e) ami(e) et plus si affinités. Comme ça, on pourrait se confier. Raconter à la demoiselle ou au damoiseau sa vie personnelle et se faire réconforter en cas de rupture. Une sorte de Chandler (Friends) mixé à un Ashton Kutcher ou un Justin Timberlake. Bon, c’est vrai que comme copains, sont plutôt sexy et qu’on en trouve pas des masses. Et puis pour fixer une amitié, c’est pas commode. Qui voudrait d’une bombe comme meilleur ami ? Genre Monica Bellucci est ma BFF. Peut-être seulement si ladite Monica est une ex. Parfois ce qui fut une jolie histoire d’amour peut se transformer en une amitié solide. Rare mais constructif. Tapage dans le dos, cuite au champagne et coups de fils à 2h du mat. On reste amis. La phrase typique, couramment assénée par une femme. Mais l’arrivée d’un nouveau partenaire complique régulièrement les choses. Jalousie de part et d’autre, non exclusivité, tous les moyens sont bons pour faire foirer les choses. Surtout que, quel que soit le degré d’amitié ou d’intimité, la séduction est souvent de rigueur. Dans la plupart des amitiés inter-sexes, d’une part ou de l’autre, il y a un soupçon de jeu amoureux. Une infime drague. D’ailleurs, on entend souvent quelqu’un vous rappeler qu’il a sûrement un petit béguin pour toi. Oh, et puis à force de se fréquenter, de tout connaître de l’autre, de partager des moments, les mêmes goûts, de trouver du réconfort, d’entretenir une belle complicité, la barrière du physique qui, au départ pouvait être le principal handicap. On dort dans le même lit, on pleure sur son épaule, il nous prend dans ses bras, et soudain, le petit déclic. On découvre un, puis deux et trois papillons dans le ventre. Et de là où on se racontait nos déboires amoureux, nos déceptions, on finit par se dire des mots d’amour, par gazouiller. Ça ne marcherait donc pas l’amitié entre hétéros lambda ? Sans histoire d’amour au préalable, sans histoire d’amour ultérieure ? Peut-être parfois, ces quelques exceptions qui confirment la règle. Dommage, parce que sincèrement, un mec est le seul qui vous dira que ce jeans vous fait un gros cul…

 

 

 

 

 

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