Les gens qui m’énervent, Médéa Azouri, L’Orient-Le Jour, samedi 30 juin 2012

Il est 11h42, ça fait 42 minutes qu’on attend dans la salle d’attente, un Santé Magazinedaté de mars 2004 dans les mains. Pourtant on avait prévenu qu’on ne pouvait pas se permettre d’être en retard au bureau et que s’il y avait foule, on préfèrerait qu’on nous prévienne. Peine perdue, la secrétaire du docteur avait donné 3 rendez-vous au même moment. Et c’est toujours comme ça. Surtout qu’aucun médecin n’est à l’heure sur son emploi du temps. De toutes les manières, ladite secrétaire ne pouvait pas expliquer le retard, elle était trop occupée au téléphone. “Bonjour Madame H. yiiii vous avez des champignons. Mettez un ovule et rappelez nous dans 2 jours”. Sympa la discrétion quand il y a cinq bonnes femmes enceintes dans le cabinet du gynécologue. Madame H. a des champignons, heureusement que c’était pas un herpès ou la syphilis. Il y a de quoi vous foutre en l’air votre journée. Mais on n’est plus à une vexation près. Dans le genre on est particulièrement bien servis entre Libanais. Il y a toujours une âme charitable pour vous contrarier. Par un mot ou par un geste. Un peu de mauvaise foi ou un gros mensonge ont le mérite de vous faire sortir de vos gonds. Dans les yeux, on vous regarde dans les yeux et on vous sort la pire connerie qui soit. Qu’est-ce que ça peut énerver les gens de mauvaise foi qui ne reconnaissent pas leurs erreurs (de jugement). Tout comme les gens grossiers avec le personnel, les serveurs ou n’importe quel employé. Cette impolitesse mélangée à un soupçon de mépris. Et puis il y a la familiarité qui a le don d’agacer. “Tu veux cette robe ? Elle est pas chère”. D’abord on n’a pas élevé les vaches ensemble à ce qu’on sache pour que le tutoiement arrive sans crier gare et puis, comment peut-on dire qu’une robe qui coûte 5 fois son salaire, n’est pas chère. Jusqu’à nouvel ordre, vous ne vous appelez pas Stella McCartney. Mais il n’y a pas que cette familiarité-là. Il y a souvent un bouffon on connaît à peine, qui vous tape sur l’épaule et ouvre votre frigo alors que c’est la première fois qu’il vient chez vous. Ce même bouffon qui n’a pas vraiment fait l’école du rire et qui vous assène chaque 5 minutes une blague d’une nullité sans précédent. Aaargh. Et il y a l’autre qui, lorsqu’on est 10 dans un salon, s’évertue à parler fort au téléphone au milieu de tout ce beau monde, alors qu’il aurait très bien pu se lever pour converser dans le salon d’à côté. Merci l’ambiance. De toutes les façons, il ne participe quasiment jamais à nos rencontres, trop occupé à texter à d’autres amis. Parce qu’ils sont plus drôles. D’ailleurs s’il est là, c’est parce qu’il n’avait rien de mieux à faire. C’est le planteur de plan par excellence. Il attend le meilleur “programme” et vous prévient 5 minutes avant que vous ne quittiez la maison, de sa non-venue au déjeuner. Il doit probablement avoir un lien de parenté avec cette copine toujours en retard. Quelle que soit la nature du rendez-vous. Jamais ponctuelle. Jamais, au grand jamais. Si ça n’a pas le don de vous irriter, ça… Allergie également à tous ceux qui vous racontent un truc dans le seul et unique but de vous faire de la peine. “J’ai vu ton ex hier avec une sublime bombasse”. Merci le tact et la délicatesse. Généralement c’est la même personne qui vous dira inlassablement que vous avez mauvaise mine, que vous avez grossi, que vous avez trop maigri. Et il y a tous les autres. Les méchants, les radins qui n’ont jamais faim mais qui piquent dans les assiettes des autres, les snobs, les lunatiques qui vous saluent un coup sur trois, ceux qui se promènent avec un cahier de 3atéb et qui vous font inlassablement des reproches. Les friends de Facebook qui vous ont addé(e) et qui ne vous reconnaissent jamais dans la rue. Ceux qui ne finissent jamais leurs phrases, ceux qui ne sont jamais contents, les râleurs qui geignent en permanence. Ceux également, qui critiquent tout, juste pour critiquer ou pour vous contredire. Il y a les paresseux, les tout le temps fatigués. Ceux dont la sakra est d’une de ces lourdeurs et qui titubent collés tout suants, à votre bras. Et le mastoul wou meddé3é ?No comment. Tout comme celui qui crie sans se soucier des autres, la drama queen qui fait tout un plat de chaque petit incident, ou cette langue de pute qui n’en rate pas une pour déblatérer à votre sujet et enfin, ceux qui commencent toutes leurs phrases par “Moi je…” genre moi, quoi.

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