Sang bleu, Médéa Azouri, L’Orient-Le Jour, samedi 25 août 2012

Il n’y a rien de plus agréable que la fraicheur pendant un été caniculaire. Que le vent qui caresse les branches des peupliers, que le ciel dégagé et le silence des collines de la montagne. Estiver. Comme les troupeaux dans les alpages. En montagne, dans des villages authentiques, sous une 3ariché, les pieds nus dans le 7erech comme quand on était petits. Estiver. Comme les troupeaux. À Faraya/Faqra parce que tout le monde y est. Parce que tous les amis (et ceux des enfants) y sont. Parce que c’est moins angoissant que le huis clos d’un village perdu où presque plus aucun membre de la famille se rend. 3youn el Simane et Kfardebian. Là haut, tout en haut des cimes. Des dîners de potes autour d’une cheminée, des promenades entre copines, des gens qu’on ne croise pas souvent et qu’on apprécie sans vraiment les connaître. Sympathiques, vrais, simples. Et les mauvaises rencontres. Les pires. Les inimaginables découvertes. Ces jeunes, sales gosses pourris gâtés, provocants, impolis. De vrais morveux. Que se passe-t-il au royaume des enfants/adolescents/parents qui ont dépassé toutes les limites ? Que se passe-t-il dans ce mini royaume où tout est permis, où tout se passe sans impunité, où tout a lieu loin du contrôle policier ? Et si nous sommes chaque fois surpris, est-ce parce que nous serions devenus de vieux réacs ? Totalement réfractaires à l’évolution de la jeunesse, de l’éducation, de la nouvelle parenté ? Cela n’a rien à voir avec le décalage des générations. C’est juste que certains parents ont tout simplement démissionné. Ils se foutent totalement de ce qui arrive à leurs gosses. De ce qu’ils font, de ce qu’ils portent, de l’argent qu’ils dépensent et surtout des conneries qu’ils font… L’été a commencé avec un accident. Comme chaque année. Le fils d’un notable emprunte (ne vole pas) le 4×4 de ses parents et prend de la vitesse. À 14 ans, on a beau avoir appris à conduire, on ne sait pas conduire. Un rond point et en face un jeune homme de 37 ans, à moto. Ses deux fils l’attendent, ainsi que sa femme. Le garçon dépasse une autre voiture sur le rond-point (il ne connaît pas de toute évidence le code de la route) et frappe de plein fouet le motard. Mâchoire fracassée, hanche et coudes broyés. Plaie béante au tibia qui nécessitera une greffe de peau et multiples blessures. Le garçon a laissé l’homme sur le bas côté et a couru retrouver papa et maman. Délit de fuite, non assistance à personne en danger. La leçon retenue ? Aucune. Aucune poursuite. Rien. Pas de punition. Il n’aura rien appris. Ni lui, ni tous les autres. Ces gamins qui prennent les voitures de leurs parents, bloquent la ceinture de sécurité derrière leur dos, poussent sur le champignon et se prennent pour des Fangio en puissance. Rien dans la tête. Tout dans les poches. Du fric, c’est tout ce qu’ils ont. Rien d’autre. Ni valeurs, ni sens civique, ni respect d’autrui. On les croise sur les ATV, sans casques, à 6 sur le même siège, au volant de buggys à l’âge de 9 ans. C’est bien, les parents sont tranquilles, les gosses leur foutent la paix. Et si, malencontreusement, on reprend un gosse en lui disant “Hey”, la réponse fuse automatiquement : bta3rfé ma3 min 3am bte7ké ? Je suis le fils de. Sale race. Sale fin de race. Qui fait croire à ses enfants qu’ils sont supérieurs. Même à l’âge de 8 ans. Tu es différente. Tu fais partie du peuple, tu ne seras jamais comme nous, notre sang n’est pas le même, tu n’as pas le droit de passer par là, c’est notre territoire, ont lancé 4 petites filles à une autre gamine. Joli. Parce qu’à Faqra, on aurait le sang bleu. Deux claques pour faire jaillir ce sang de schtroumpf sur les joues des morveuses auraient été bénéfiques. Mais qu’ont-elles entendu chez elles ? Qu’ont pu leur dire leurs parents ? Ces parents-là qui laissent leurs ados de 13 ans sortir en short ras-les fesses, un sac de grande marque au bras, maquillées comme des camions volées, une vodka à la main, une clope dans l’autre pendant qu’elles sms à leurs copines sur leur iPhone, avant de sombrer sur le bitume complètement bourrées. Ces parents-là qui pour ne pas se fouler la rate, engagent des profs de vélos qui, essoufflés courent derrière leurs mioches. Ces parents-là qui sont la principale raison d’une génération qui part en vrille. Cette génération-là qui vit dans un ghetto de (nouveaux) riches, loin de tout, loin de l’essentiel. Heureusement, qu’en haut, il reste quelques petits ilots où les enfants savent ce que c’est qu’escalader une petite montagne et cueillir des fleurs. Les autres gosses sont déjà fanés.

 

 

 

 

Croise les doigts, Médéa Azouri, L’Orient-Le Jour, samedi 18 août 2012

Dimanche dernier c’était la nuit des étoiles filantes. La terre a rencontré les Perséides et on s’est posté sous un ciel étoilé, pur, net, au milieu de nul part. Fais un vœu. Une douzaine au total. Qu’on y croit ou qu’on n’y croit pas, à chaque fois qu’une étoile éclairait le ciel avec sa traînée poudreuse, on espérait qu’on serait exaucé. Je veux être heureux, gagner plus d’argent, guérir, avoir un bébé… un vœu pour nous, un pour les autres, un pour l’autre. On a beau ne pas être croyant, adepte de rien, mécréant, on veut y croire. Somme toute, on n’a rien à perdre. Les étoiles filantes nous porteraient-elles bonheur ? Il ne fallait surtout pas les compter. Les filantes et les normales. Ça fait pousser des verrues paraît-il. Paraît-il. Alors, on ne les compte pas, on sait jamais. Les petites superstitions, on en a tous. Sans réellement savoir pourquoi on le fait. Mécaniquement. On touche du bois trois fois, surtout trois fois. Et on se pince les fesses quand quelqu’un dit qu’on a de jolies mains, avec un smalla pour accompagner le pincement. On n’a pas envie d’avoir un ongle qui part en vrille. Il paraît aussi que lorsqu’on croise un curé, faut se gratter les fesses. Jamais entendu auparavant. Un curé porterait-il la poisse à l’instar d’un chat noir ? C’est peut-être la couleur de la soutane, comme le parapluie que l’on ne doit pas ouvrir à l’intérieur d’une maison. Le noir, on n’aime pas. D’ailleurs il ne faut jamais aller chez personne après un enterrement, ça porte malheur. Allez comprendre comment, même les gens les plus rationnels et les plus sages se fient à de vieilles croyances. On ne se passe pas le sel à table, ni le couteau, ça pourrait “couper” une relation. Oui, bien sûr. À table, y’a plein de choses qu’on ne doit pas faire. Faire tomber le sel (encore lui). Le jeter tout de suite derrière l’épaule pour conjurer la malchance. Faut pas non plus prendre le pain de son voisin. Vaut mieux ne pas être 13 non plus. On ne sait jamais si un Judas était parmi nous. Rajouter une quatorzième place, un œuf trônant sur l’assiette. Pourquoi ? On n’en sait rien. Une poule serait-elle de meilleure augure qu’un douzième apôtre ? Comme quoi, il aurait été intelligent ce jour-là d’avoir convié Marie-Madeleine, on aurait évité un tas de problèmes. Le 13 est un nombre intéressant aussi. Pour certains, il est synonyme d’infortune, pour d’autres c’est exactement le contraire. Surtout quand il tombe un vendredi. Il y a fort à parier (au casino) qu’il ne se passera rien ce jour-là. Il semblerait que ces petites choses de la vie de tous les jours qu’on fait sans plus vraiment s’en rendre compte, soient très orientales. Comme ce satané mauvais œil que chrétiens, musulmans et juifs craignent. El ayn. Qu’on essaye de contrer en portant des turquoises ou carrément des ayn. Et vaut mieux ne pas tomber sur quelqu’un qui a les yeux bleus et les dents du bonheur. Ce léger vide entre les dents ne laisse rien de bon à présager si le porteur est quelque peu envieux. Elles sont drôles nos superstitions. Crédules ou pas, on évite de passer sous une échelle, de laisser une porte d’armoire ouverte, idem pour une paire de ciseaux. On dit que si l’armoire reste ouverte, les gens parleront de toi. À Beyrouth, c’est pas bien grave, qu’elle soit ouverte ou pas, les gens parleront de toi. Alors, autant aérer la penderie. On ne joue même pas avec le feu (sinon on fait pipi au lit). Tous les parents l’ont dit un jour à leurs gosses quand ils se sont emparés d’un briquet ou d’une boîte d’allumettes. Le rapport ? Alors, depuis, on est conditionné(es) par ce destin qu’on essaye de détourner en faisant et en ne faisant pas certaines choses. On ne pose pas son sac à main par terre sinon il risque de se vider. Quand on offre un portefeuille, on y glisse un billet pour qu’il soit toujours rempli. On n’enjambe pas un enfant allongé par terre car on le menace de ne plus grandir. On ne pose pas de fleurs (et surtout pas des chrysanthèmes) sur le lit d’un malade à l’hôpital, on n’offre pas de perles à son épouse, à moins qu’on ne veuille qu’elle crève, on ne se passe pas le savon de main en main et on ne laisse pas une femme enceinte se gratter quand elle a une envie non assouvie. Risque de chahwé sur le corps du bébé. On met du champagne derrière l’oreille si la coupe a malencontreusement glissé de nos doigts et on mange du blanc pour célébrer la nouvelle année. Et quand on souffle les bougies, on ferme les yeux, on fait un vœu et on coupe la première part avec un couteau à l’envers… Allez, il y a encore des étoiles filantes jusqu’à la fin du mois.

 

 

 

Kids – Médéa Azouri, L’Orient-Le Jour, samedi 11 août 2012

Il s’appelle Mathieu. Il a 4 ans et il apprend à nager. Seul comme un grand, sans flotteurs (c’est moche le mot brassard). Son corps est pile à la verticale et de l’eau ne sort que la moitié de son visage. Les oreilles immergées, on ne voit que ses yeux, son petit nez et sa bouche. Je suis descendue à l’eau par ces 37 degrés, et je me suis fait un copain. Un petit copain. Haut comme trois pommes, Mathieu m’a regardée en souriant. Impossible de ne pas craquer sur ses grands yeux noisette. Tu veux nager avec moi ? Impossible de dire non. Impossible de ne pas l’attraper par les mains et de tournoyer dans l’eau. ½ heure à faire des plouf, des plaf, des plif. Il n’a rien demandé et n’a rien dit quand je lui ai dit Je vais sur mon transat. Il a répondu par un petit Ok et a continué à nager droit comme un hippocampe. La journée s’est passée comme ça. Avec Mathieu tout sourire. Il doit aimer les blondes. C’est génial un enfant. Il y a les nôtres bien sûr qui nous font craquer quel que soit leur caractère et il y a ceux des autres surtout. Des gosses, on en croise tous les jours. Il y en a des lourds, des antipathiques, des mal élevés (plein), des colériques. Ceux qu’on pourrait scotcher sur le mur, claquer en faisant tourner la tête, ceux-là même qui nous hérissent les poils et qui nous font culpabiliser. Comment peut-on détester un enfant ? On peut. C’est affreux, mais on peut. Parce qu’il peut être mesquin, méchant, mauvais, pernicieux. Il peut avoir un regard qui en dit long, le sourire en coin comme accompagnement. Ce n’est pas parce qu’il a 5 ans qu’on ne pourrait pas lui en coller une. Particulièrement quand on le voit donner des coups de pieds à sa nounou… Et il y a tous les autres. Les gueules d’ange, les espiègles, les cancres, les petits cracs, les poupées, les blonds frisés et les brunes au teint d’opale. Ces gosses 2aribin 3al 2alb et qui nous font fondre. Ces mioches à sale caractère parfois qui nous donnent envie de retomber en enfance et qui nous prouvent une fois de plus que les enfants sont de loin plus intéressants, sympathiques et vrais que les adultes. Même la phrase clichée La vérité sort de la bouche des enfants est une réalité. Les enfants sont dans la vérité, les adultes en ont peur. Nous, on cache, on ment, on tait. Eux disent ce qu’ils pensent et ont un sacré franc parlé. Il est moche, elle est vilaine, il pue des pieds, elle pleure tout le temps c’est une peureuse, il est fou, elle ne prête jamais ses jouets, il mange en cachette. Et c’est bien. Parce qu’ils constatent et finalement s’en foutent. Ils relèvent et zappent. Nous, on marmonne, on potine, on emmagasine et on critique. On est judgemental(s). Eux, pas. D’ailleurs les bambinos se disputent et zappent. Ça s’envoie des Barbies et des Action Man à la figure, ça tape là où ça fait mal, ça tire les cheveux, casse les jouets de la cousine, subtilise une Matchbox, gribouille sur un dessin, et enfonce le compas dans la main (ouais, pas souvent heureusement). Et malgré le coup de raquette dans l’épaule, le ballon de basket dans les molaires et la selle du vélo volée, on se réconcilie dans les minutes qui viennent, max le lendemain. C’est drôle. Il y a une heure, c’était la haine absolue Je te déteste, tu n’es plus mon amie, pars de chez moi, tu es un gros con, je vais dire à la maîtresse, sale rapporteur. Puis pouf. 15 minutes plus tard, ça repart bras dessus bras dessous, riant aux éclats. Comme par magie, on a oublié. Oublié toutes les engueulades et les rancœurs, les croche-pieds et la prise de position contre. Oublié qu’on a été la tête de turc durant le week-end. Oublié et surtout pardonné. Les gosses sont pour la plupart d’entre eux sincères. Rien à voir avec nous. Les gosses sont intelligents. Très souvent plus que les adultes. Les gosses sont drôles. Mais alors pas du tout comme les adultes qui ont un sens de l’humour au ras des pâquerettes. Ils rient, font des farces, font des devinettes, posent des questions. Les gamins sont curieux, les adultes savent tout. Enfin, croient tout savoir. Mon père me dit fréquemment Si les adultes apprenaient des enfants, ils auraient tout compris. Si seulement. Si seulement on pouvait (re)garder le monde comme eux, se disputer comme eux, rire comme eux. Garder ce chouia d’insouciance, de légèreté quand tout est grave, de candeur et écarquiller les yeux quand quelque chose nous surprend. Si seulement. Si seulement, on pouvait scruter le ciel, les yeux grand ouvert, comme Mathieu.

 

Qu’est-ce qu’il y a, qu’est-ce qu’il n’y a pas ? Médéa Azouri, L’Orient-Le Jour, samedi 4 août 2012

Au-delà des proverbes et des citations, des idiolectes ou des dialectes, nos expressions toutes faites dont on ne connaît souvent ni l’origine ni la signification, sont extraordinaires. Extra ordinaires parce que si elles sont pour nous bien ancrées dans notre langage, elles en deviennent prodigieuses une fois qu’on s’y arrête et qu’on les met en exergue. Pas d’expressions dropping, alors que c’est tellement tentant de les énumérer les unes à la suite des autres. Ça susciterait automatiquement un yaaaaaay, c’est vrai ! Bon, ça va être un exercice difficile. À écrire et à lire. Rempli de 3, de 2 et de 7, mais il en vaut la peine. Parce que c’est nous, vous. Parce que c’est propre aux Libanais. C’est parfois intraduisible mais c’est terriblement exquis. Merci d’avoir le courage de me lire jusqu’au bout. Tekram 3younik. Les yeux, la prunelle de mes yeux. Bien mangé chéri ? Sahtein. 3ala albik. Deymé. 2 fois sa7a comme quand on tousse et nachou quand on éternue. 3ala rassé, ça fait partie des formules de politesse et autres petits mots qui font plaisir. Des automatismes comme les mabrouk, ya3tik l’3afieh, Allah ma3ak, ou men 3azbak au serveur qu’on dérange de toute manière. Mais ce qui est le plus drôle, c’est qu’on dit tout un tas de truc, sans chercher à comprendre ou à expliquer, comme ça, juste comme ça. Ya 3ayb choum. Ok, mais ça veut dire quoi choum ? Pourtant c’est grave. Teli3 diné. Bass la wen ? Loin d’ici peut-être. B3id men hon, heureusement que non. D’ailleurs, 3ech min chéfak. Ah, ces petites remarques désagréables, d’un œil qui se rétrécit (de2it bi eynak ?) ou cette petitesse qui exaspère, bala zeghra. Bala zo2, vraiment haram 3a leik. Baléha aslan, vaut mieux souhaiter plein de belles choses aux autres plutôt que d’avoir un esprit tordu. J’ai acheté un concombre grand comme ça, bala me3na. Ouais ouais, bala me3na. Dès qu’il le dit, on ne voit plus le concombre. Un peu comme quand on assène systématiquement à la pauvre célibataire un 3a2bélik à chaque fois qu’elle se trouve à un mariage. L’angoisse. 3a2bel l’far7a l’kbiré. Chou, fi chi 3al tari2 ? Ne2cha3lkon ariss quand on a eu la malchance de donner naissance à une petite fille. Allah yi 3ayecha cette petite, Allah y’e7faz 3aléya. Surtout enno yikhrébeyta chou mahdoumé. On est toujours dans l’expectative, comme si on ne pouvait pas profiter du moment présent. Bcharafkon, faudrait avoir un peu plus de tact et arrêter yom é yom la2 de ne pas prendre de gants. Maintenant, l’excès inverse n’est pas forcément de rigueur. 3a2bél l’miyé. 75 me suffirait amplement. L’3omr kello. Ma fi chi men 2imtik, khallik fo2 rassna, mech ma7soubé, alors qu’on a reçu la voisine 350 fois. 3édouwa. Pas trop souvent quand même. Katter kheir Allah, elle ne vient qu’en été et quand elle part, on console à chaque fois sa mère par un métel ma wada3té tlé2é. On y va un peu fort dans la surenchère comme toujours et on adore sortir ces petits mots dès qu’on le peut. Walaw, vous ne vous en rendez pas compte ? La wlo, c’est pourtant flagrant. Dakhilkon, on dit tous késsak quand on boit un verre, na3iman quand quelqu’un a pris son bain. Mbala, vous aussi. Vous aussi, pensez quand il y a foule, que 3aja2it 3a Fassou7 (pourquoi Fassou7 ? les embouteillages, y’en a partout) et que si les rues sont vides, ma fi doumaré. Laaaaaa, vous venez de réaliser que c’est vrai, que quand le téléphone sonne trop (bon, en ce moment, c’est pas vraiment le cas), vous dites, chou central Badaro ? Et quand on vous demande de faire 10 trucs en même temps, ma fi gheir tansa bel jeich ? Eh oui. Et il y en a plein des comme ça. Yalla, je vous en envoie quelques unes encore. Walla, avec deux significations possibles selon l’intonation (sarcastique ou admirative), sallem, bi wjoudkon, tesba7 3ala kheir, 3a ra7tak, wou l’2ayel, t3ich wou tekol ghayra, dayya3it el chenkech, nkassar l’char. Chou kamen ? Pas grand chose. Juste ces petits riens qui rendent les phrases plus jolies, plus douces, plus polies. Un peu comme 2ossit bri2 zeit. Quelqu’un sait ce qu’est 2ossit l’bri2 zeit ? Sinon, chez vous, ça va ? Chou fi ma fi ?