Peine capitale, Médéa Azouri, L’Orient-Le Jour, samedi 26 janvier 2013

Ils sont sept. Comme les arts, les mercenaires, les nains. Ils sont l’orgueil, l’avarice, l’envie, la colère, la luxure, la paresse et la gourmandise. Les 7 péchés capitaux. C’est Thomas d’Aquin qui les a identifiés. C’était il y a longtemps. On peut trouver à y redire, en ôter quelques uns et en rajouter d’autres. La gourmandise n’est sûrement pas un péché. En anglais c’est gluttony. Plus juste, plus correct. D’ailleurs une requête avait été faite il y a 10 ans pour changer l’appellation de ce qu’on appelle plus communément un vilain défaut. Non, la gourmandise n’est pas un péché. La gourmandise est une qualité extraordinaire. C’est le témoignage d’un de nos plus grands plaisirs. Ah le plaisir… Et cette foutue culpabilité qu’il entraine. Manger pour en jouir. Faire l’amour pour en jouir. La luxure ou l’impureté, c’est le plaisir sexuel recherché pour lui-même. Mais si le plaisir ne devait pas exister pour lui-même alors pourquoi Dieu aurait-il créé le clitoris ? Ce petit organe, tout petit organe qui n’a aucune fonction dans le système reproductif. Nul besoin pour la femme d’avoir du plaisir pour procréer, on est bien d’accord. Alors pourquoi le clitoris ? On retire la luxure et on laisse les gens (se) faire plaisir, quelques que soient les moyens, les façons, les pratiques. On les laisse jouir. On enlève également la gourmandise et on la remplace par la faj3ané, la gloutonnerie dans tous les sens du terme. Pas seulement pour la bouffe mais pour tout. Pour la maladie d’acheter, de shopper, d’accumuler. L’avidité de tout avoir. Comme les autres, encore plus que les autres. L’envie quoi. Un autre péché. Le mauvais œil et la convoitise. Tu ne désireras pas la femme d’autrui. Ni sa maison, ni sa fortune, ni  son travail. Aucune de ses possessions et tu ne chercheras pas à te l’approprier à tout prix. Tu ne seras pas orgueilleux si tu y arrives. Un autre péché. L’orgueil ou l’opinion très avantageuse qu’une personne a de sa propre valeur aux dépens de la considération due à autrui. Cette suffisance qui en tuerait plus d’un si elle était mortelle. Oui, il faut savoir être fier, savoir ne pas mettre son égo de côté, mais laisser l’arrogance sur le bas-côté. Il faut ranger la vanité, la prétention et la mégalomanie aux côtés de la colère. Un autre péché. Excès en paroles ou en actes. Elle entraine dans les abîmes. Vers la violence, les insultes, le meurtre. La hargne et la rage ne servent à rien. Elles desservent le plus noble des hommes. Il faut essayer de ne pas se laisser emporter. C’est dur. Très dur quand on est à bout, quand on est agressé, quand on vit au Liban. Il y a l’avarice. Un des pires péchés. Parce que lorsqu’on refuse de dépenser, quitte à se priver, on ne peut rien donner. Ni argent certes, ni amour, ni amitié, ni sensibilité, ni empathie. On retient tout. La mesquinerie devient de rigueur. Et il y a la paresse. L’oisiveté est mère de tous les vices. Tous ceux qui viennent d’être cités. Parce que certains péchés ne sont finalement que des vices. La paresse, pas celle d’Alexandre le Bienheureux. La morale. L’ennui. Le laisser-aller vers les tentations. Les mauvaises. Ils sont 7 les péchés capitaux. Aujourd’hui la liste pourrait être facilement plus longue. La notion moderne du péché pourrait comprendre la trahison, la pollution, les injustices raciales, économiques et sociales, le mensonge et la mauvaise foi, la bêtise ou la vulgarité. La bêtise ? Oui, la bêtise. Qui engendre les erreurs, les maladresses. Qui engendre tant de malheurs. La connerie n’a aucune limite. Le con non plus. La vulgarité ? Oui, la vulgarité. Cette absence de distinction, de délicatesse. Cette bassesse, cette trivialité qui blesse, qui heurte. Et puis cette façon de parler, cette grossièreté. Le mauvais goût peut pousser quelqu’un très loin. Là où se trouvent le plus souvent les cons. Dans les 7 péchés capitaux originaux et originels, il y en a qui s’annulent comme l’envie et l’orgueil, l’avarice et la luxure. Il y en a que l’on doit reconsidérer et d’autres qui sont tout autant capitaux. Mais comment conclure sans reprendre la phrase du Christ ? Sans paraître moralisateur ou allumé. Comment conclure ? En jetant la pierre derrière peut-être.

 

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