De rien – Médéa Azouri, L’Orient-Le Jour, samedi 21 décembre 2013

Et si dire merci était le cadeau qu’on devrait offrir en ces fêtes de fin d’année ? Et si dire merci était le début d’une autre phase ? Le commencement du bonheur ? Et si, enfin, on oubliait l’espace d’un instant les rancœurs, les échecs et tous les obstacles en disant merci pour tout le reste ? C’est peut-être cheesy, guimauve, légèrement mièvre, un peu trop sirupeux, limite écœurant. Je vous l’accorde. Mais pourquoi pas ? On a toujours besoin d’un peu de douceur(s). Et puis, c’est Noël. Alors, je vais te dire merci à la place de je t’aime. Par amour et parce que tu m’aimes. Parce que tu m’aimes inconditionnellement, sans rien demander en retour. Parce que tu es là, chaque jour à me regarder avec tes yeux qui sont le miroir de mon âme. Tu m’aimes dans l’absolu et dans l’imparfait. Tu m’aimes sans raison. Juste comme ça. Tout simplement. Merci pour ta peau, tes lèvres. Merci de parfumer ma maison. Merci de faire sourire les meubles, de faire danser les oreillers. Merci de me faire rêver, de m’emporter aussi haut quand le ciel est bas. Merci de faire de mes désirs des ordres. Même s’ils font désordre. Merci pour tes preuves d’amour et pas seulement pour ton amour. Merci d’être ma famille, la sœur que je n’ai jamais eue. Merci d’être ceux que j’ai choisis. Merci d’avoir fait partie de ma vie, même hâtivement. Merci de m’accepter comme je suis. Je te dis merci parce que je ne l’ai jamais fait auparavant. Par faiblesse peut-être ou par pudeur. Ou parce que j’ai oublié le sens de ce mot. Parce qu’on ne le dit plus. Pas assez souvent. On n’est pas/plus remercié quand on cède le passage, quand on rend un service, par reconnaissance tout naturellement. On ne dit plus merci car tout est acquis, que ça va de soi, que ce que fait l’autre est normal. On ne le dit plus parce qu’on a franchi le pas de l’ingratitude. Alors, merci d’être gentil(le). Au sens noble du terme. De me prendre comme je suis. De m’accepter avec mes défauts, mes vices, mes goûts, mes couleurs. Merci pour ton soutien, quels que soient mes choix. Mes choix de vie, mes choix sexuels, mes choix professionnels. Merci d’être là, à chaque fois, à chaque instant. Quand je vais bien et surtout quand je vais mal. Merci d’être mon épaule, mon Kleenex, merci pour tes mots, tes sourires. Merci pour ces nuits passées à me dire que tout ira bien, que demain sera meilleur, que la vie réserve de belles surprises, que demain, c’est aujourd’hui. Merci de m’avoir bousculé(e), de m’avoir ouvert les yeux, de m’avoir appris. Merci pour tous ces déjeuners coincés dans une cuisine trop petite. Merci pour ces fous rires et ces propos totalement loufoques et absurdes. Merci pour ces ça va aller, on est là. Merci pour votre énergie et ces journées moins lourdes. Merci pour cette relation hors cadre, hors normes. Merci de travailler pour et avec moi, merci du temps que tu passes à tout accomplir. Merci de m’avoir laissé m’accomplir. De m’avoir donné ma chance. De m’avoir laissé choisir ma voie sans me juger. Merci de m’avoir élevé(e) au sens propre comme au figuré. De m’avoir accompagné(e) à l’école, de m’avoir fait réviser ma grammaire. Merci d’avoir calmé mes angoisses, de m’avoir fait aimer le cinéma, les Beatles et Stevie Wonder. Merci pour toutes ces promenades, nos virées shopping, nos engueulades et mes coups de sang. Merci de m’avoir soigné(e) quand j’avais de la fièvre ou la nausée. D’avoir posé ta main sur la mienne quand j’avais mal. Merci de me contenir. Merci pour tes silences. Merci de ne rien dire. Merci d’être et d’avoir. Merci de et merci pour. Je pourrais te/vous le dire de mille façons. En t’aimant autant que tu le fais. En te couvrant de fleurs, en t’emmenant danser, en week-end, en voyage. Je pourrais te le montrer en apprenant enfin à recevoir. Merci d’avoir pensé à me le dire toi aussi. D’avoir compris que tout était for free. D’avoir réalisé que la vie, ce n’est pas forcément donnant donnant, qu’il y a des gens désintéressés, profondément bons. Merci pour ta reconnaissance et ta gratitude. Enfin, merci d’avoir donné, il y a quelques années, un sens à ma vie, un soir de mars 2005. Voilà ce que je glisserai mardi soir entre une poupée Barbie et un bonhomme de catch, entre une cravate et une paire de stilettos. Une lettre comme quand j’étais petite. Je n’ai certes pas été tous les jours très sage, alors je te dis merci. Joyeux Noël.

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