La loi de l’emmerdement maximum – Médéa Azouri, L’Orient-Le Jour, samedi 8 février 2014

Mariage. Union qui permet à deux personnes de supporter à deux, des ennuis qu’ils n’auraient pas eus, s’ils étaient restés seuls. L’humour de Pierre Desproges. L’humour concernant la Loi de Murphy ou la Loi de l’emmerdement maximum. « Tout ce qui peut mal tourner, va mal tourner. » Le pessimisme à son paroxysme. Le verre toujours vide, le concept de la tartine beurrée qui tombe toujours du côté où le confiture se trouve. Ou le Nutella. Sauf que la Loi de l’emmerdement maximum ou maximal, c’est aussi des situations drôles. Pas seulement la catastrophe nucléaire ou la suite d’événements où tout se casse la gueule. C’est vrai que parfois quand ça va mal, ça va mal. Comme quand le passe-temps ou le chapelet perd ses billes l’une à la suite de l’autre. La Loi de Murphy n’est pas à prendre à la lettre. Il faut la prendre avec humour. Dédramatiser l’adage de ce monsieur qui devait probablement être un pessimiste de première. La règle numéro 1, c’est de s’éloigner des défaitistes. Ils sont contagieux. Comme une sorte de virus qui irait jusqu’à contaminer un soufflé au chocolat qui se dégonflerait à leur simple vue. Tout va mal pour eux. Tout le temps. C’est le destin qui me joue inlassablement des tours. C’est la vie qui veut ça. Je ne réussirai jamais, je n’ai jamais eu de chance, bla-bla-bla. Never say never again. Eux, faut les dégager une bonne fois pour toutes. Ils ne sont pas d’une grande utilité, ces boumés-là. Ces gens qui vous envoient des messages vous promettant toute la merde du monde, si vous ne le forwardez pas à 20 de vos amis. Dans le genre je te porte la poisse, on adore. Ensuite, faut arrêter de penser que la fatalité est là à faire échouer toute expérience. Loin de là. La Loi de l’emmerdement maximum existe, mais ça peut être très drôle. Elle est sujette à de biens beaux fous rires. Après. Pas au moment où, déjà en retard, vous arrivez à l’aéroport et que la porte d’enregistrement et celle de l’embarquement sont à l’autre bout de l’aérogare. Que l’hôtesse d’accueil s’égosille à vous appeler et que tous les crétins de touristes en short qui rentrent chez eux vous bloquent le passage. Vous arrivez à bord tout suant sous le regard exaspéré de votre septuagénaire de voisine de gauche qui rouspète et de votre voisin de droite à la surcharge pondérale indescriptible. Bonjour le vol. Bonjour la queue aussi. C’est toujours la file que vous avez choisie qui est la plus lente. Où le caissier, dilettante de 22 ans et demi, fait ses premiers (faux) pas de nouvelle recrue. Sans parler du client devant vous qui a trouvé bon ton d’acheter tout le magasin. Idem pour la file de voitures dans les embouteillages. C’est celle de gauche qui roule plus vite. Puis celle de droite. On comprend mieux les slaloms des Libanais qui n’ont pas compris que, de toutes les manières, ça va bien finir par avancer. Ah ces bouchons qui ne trouvent pas mieux que de se former le jour où vous avez un rendez-vous ultra important. La veille, à la même heure, à la même minute, il n’y avait pas un chat sur la route. Les théorèmes déclinés de la Murphy’s Law sont extraordinaires. C’est toujours quand on est à la bourre qu’on ne retrouve pas ses clés. La probabilité que des copains débarquent à l’improviste est inversement proportionnelle au remplissage du frigo. « Quand on plonge un corps dans une baignoire, le téléphone sonne. » La loi d’Archimède-Bell, encore Desproges. D’ailleurs quand tout baigne, il y en a forcément un qui coule. Alors oui, on se marre. On sourit parce que c’est grave. Parce que ça arrive à tout le monde. Parce qu’on vit tous des emmerdements quotidiens. Parce qu’il y a des gens qui ont vraiment la poisse. Vous savez ceux-là qui marchent, un nuage pluvieux au-dessus de la tête. Ces gens qui lorsqu’ils imaginent que plus rien ne peut leur arriver, tout leur tombe dessus. Donc, on s’en sort pas trop mal. C’est vrai que c’est emmerdant d’avoir envie de pisser quand on est en retard au boulot ou en rendez-vous, alors qu’on passe souvent une avant-midi sans passer aux toilettes. Emmerdant aussi quand la meilleure photo est celle qu’on n’a pas eu le temps de prendre. Que tout ce qu’on aime, en matière de bouffe, est mauvais pour notre santé, que la fermeture Éclair de notre anorak pète le jour où Beyrouth connaît enfin le froid. Que les chaussures qu’on a spotées ne sont pas en soldes, que lorsqu’on fait une liste de supermarché, on ne trouve jamais le plus important. Et que le jour où on lave sa voiture, il pleut. À moins que ce soit un souhait. Surtout en ce moment. En ce moment où l’on tombe malade le week-end ou pendant les vacances. Bon, on ne va pas se plaindre. Franchement. Allez, dans le genre petite mais alors vraiment petite Loi de Murphy, on branche tous notre USB du mauvais côté et, à chaque fois, on pull toujours au lieu de push et vice versa, on tire toujours la corde des rideaux dans le sens contraire. Finalement, ça va pas trop mal. Et puis, il y a toujours une solution – qui apporte de nouveaux problèmes. Je plaisante.

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