Rencontre du 2e type – Médéa Azouri, L’Orient-Le Jour, samedi 23 août 2104

De Musset a dit : Tous les hommes sont menteurs, inconstants, faux, bavards, hypocrites, orgueilleux et lâches, méprisables et sensuels ; toutes les femmes sont perfides, artificieuses, vaniteuses, curieuses et dépravées ; le monde n’est qu’un égout sans fond où les phoques les plus informes rampent et se tordent sur des montagnes de fange ; mais s’il y a au monde une chose sainte et sublime, c’est l’union de deux de ces êtres si imparfaits et si affreux. Une chose sainte et sublime. L’union de ces deux êtres. Un homme et une femme. Un homme et un homme. Une femme et une femme. Ces deux êtres-là avec leurs incertitudes et leurs craintes. Leur pattern et leur complexité. Leur passé, leur histoire cachée, leurs traumatismes et leur vie. Cette vie faite d’aléas, de joies et de souffrances. De cassures et de ruptures, d’angoisses et de sérénité. Ces deux êtres-là que tout oppose et qu’un rien réunit. Les hommes sont lâches, les femmes sont téméraires. Les femmes sont fragiles, les hommes plus cassants. Ou pas. Il y a cette union issue d’une rencontre. Souvent improbable, parfois décidée. Une rencontre où tout est clair dès le premier instant. Une autre qui se construit. Une rencontre passionnelle, passagère. Une rencontre qui s’inscrit dans les années. Quelle que soit son schéma ou sa plateforme, elle reste déterminante. Même si elle n’aura duré qu’un jour, trois semaines, cinq mois ou un an. Elle est déterminante parce qu’elle s’inscrira dans notre histoire. La rencontre de deux êtres est ce qui constitue une vie. Cette vie qui n’est au final que la somme de nos rencontres. Des épreuves, un duel, une conjoncture, une collision. Les rencontres sont amoureuses, sexuelles ou amicales. Ces dernières perdurent, ou pas. Les deuxièmes sont temporaires, les premières sont vouées à une fin. C’est ce qui les rend belles. Douloureuses mais somptueuses. Les rencontres amoureuses surviennent quand on s’y attend le moins. Au détour d’une rue. Au supermarché. Pendant un jeu lors d’une soirée arrosée dans un bar de Beyrouth. Un « truth or dare » qui finit par un échange de numéros de téléphone. Un échange qui finit par un verre. Un verre qui finit dans un lit. Un échange physique qui se transforme en autre chose. Pas leurré par le désir qu’on confond souvent avec l’amour, mais parce qu’il s’est passé quelque chose d’inattendu. Drôle d’endroit pour une rencontre. Une soirée barbante où l’autre serait venu(e) sans enthousiasme, un réseau social comme très souvent, un dîner de condoléances, un rendez-vous de travail, un hôpital, les perturbations d’un vol Paris/New York, une salle d’attente chez le dentiste entre deux lectures d’un magazine datant de mars 2009, un “date” arrangé, une cour d’école. Peu importe le lieu, pourvu qu’on ait l’ivresse. Et là, le méprisable craquera pour la perfide, la vaniteuse dévoilera ses sentiments à l’orgueilleux, le menteur baissera les armes face à la curieuse. Et la rencontre deviendra union. Les unions n’ont pas de temps. Elles n’ont pas d’âge, pas de sexe, pas de classe sociale, pas de race ni de religion. Les histoires s’imposent, on n’y peut rien. Même quand on ne le veut pas, elles s’imposent. Même quand elles sont mortes nées, elles s’imposent. Même quand la différence d’âge est grande, elles s’imposent. On peut ne pas croire que les choses sont écrites. Que le hasard n’existe pas, que les coïncidences ne sont jamais fortuites, nous sommes prédestinés à rencontrer l’autre. Elles font ce que nous sommes. Des fleurs bleues, des antisociaux, des pervers, des éternels amoureux, des passionnés, des têtes brûlées, des gens volages, des addicts au sexe, des trompeurs, des peureux ou des personnes intrépides. Et survient après l’abstention, la dé-rencontre. La désunion. La rupture. Lorsque les corps ne se retrouvent plus, lorsque les idées ne se suivent plus, lorsque les sentiments ne se mêlent plus. Et puis le vide. Le vide à deux, le vide en solitaire. Cette zone tampon entre deux rencontres. Cet espace-temps qui n’a pas de règle. Ce sas qui ferme une porte pour en ouvrir une autre. La vie est faite de rencontres bonnes ou mauvaises et il n’y a rien de plus saint et sublime que l’union de deux de ces êtres si imparfaits et si affreux. De Musset a dit : Tous les hommes sont menteurs, inconstants, faux, bavards, hypocrites, orgueilleux et lâches, méprisables et sensuels ; toutes les femmes sont perfides, artificieuses, vaniteuses, curieuses et dépravées ; le monde n’est qu’un égout sans fond où les phoques les plus informes rampent et se tordent sur des montagnes de fange ; mais s’il y a au monde une chose sainte et sublime, c’est l’union de deux de ces êtres si imparfaits et si affreux. Une chose sainte et sublime. L’union de ces deux êtres. Un homme et une femme. Un homme et un homme. Une femme et une femme. Ces deux êtres-là avec leurs incertitudes et leurs craintes. Leur pattern et leur complexité. Leur passé, leur histoire cachée, leurs traumatismes et leur vie. Cette vie faite d’aléas, de joies et de souffrances. De cassures et de ruptures, d’angoisses et de sérénité. Ces deux êtres-là que tout oppose et qu’un rien réunit. Les hommes sont lâches, les femmes sont téméraires. Les femmes sont fragiles, les hommes plus cassants. Ou pas. Il y a cette union issue d’une rencontre. Souvent improbable, parfois décidée. Une rencontre où tout est clair dès le premier instant. Une autre qui se construit. Une rencontre passionnelle, passagère. Une rencontre qui s’inscrit dans les années. Quelle que soit son schéma ou sa plateforme, elle reste déterminante. Même si elle n’aura duré qu’un jour, trois semaines, cinq mois ou un an. Elle est déterminante parce qu’elle s’inscrira dans notre histoire. La rencontre de deux êtres est ce qui constitue une vie. Cette vie qui n’est au final que la somme de nos rencontres. Des épreuves, un duel, une conjoncture, une collision. Les rencontres sont amoureuses, sexuelles ou amicales. Ces dernières perdurent, ou pas. Les deuxièmes sont temporaires, les premières sont vouées à une fin. C’est ce qui les rend belles. Douloureuses mais somptueuses. Les rencontres amoureuses surviennent quand on s’y attend le moins. Au détour d’une rue. Au supermarché. Pendant un jeu lors d’une soirée arrosée dans un bar de Beyrouth. Un « truth or dare » qui finit par un échange de numéros de téléphone. Un échange qui finit par un verre. Un verre qui finit dans un lit. Un échange physique qui se transforme en autre chose. Pas leurré par le désir qu’on confond souvent avec l’amour, mais parce qu’il s’est passé quelque chose d’inattendu. Drôle d’endroit pour une rencontre. Une soirée barbante où l’autre serait venu(e) sans enthousiasme, un réseau social comme très souvent, un dîner de condoléances, un rendez-vous de travail, un hôpital, les perturbations d’un vol Paris/New York, une salle d’attente chez le dentiste entre deux lectures d’un magazine datant de mars 2009, un “date” arrangé, une cour d’école. Peu importe le lieu, pourvu qu’on ait l’ivresse. Et là, le méprisable craquera pour la perfide, la vaniteuse dévoilera ses sentiments à l’orgueilleux, le menteur baissera les armes face à la curieuse. Et la rencontre deviendra union. Les unions n’ont pas de temps. Elles n’ont pas d’âge, pas de sexe, pas de classe sociale, pas de race ni de religion. Les histoires s’imposent, on n’y peut rien. Même quand on ne le veut pas, elles s’imposent. Même quand elles sont mortes nées, elles s’imposent. Même quand la différence d’âge est grande, elles s’imposent. On peut ne pas croire que les choses sont écrites. Que le hasard n’existe pas, que les coïncidences ne sont jamais fortuites, nous sommes prédestinés à rencontrer l’autre. Elles font ce que nous sommes. Des fleurs bleues, des antisociaux, des pervers, des éternels amoureux, des passionnés, des têtes brûlées, des gens volages, des addicts au sexe, des trompeurs, des peureux ou des personnes intrépides. Et survient après l’abstention, la dé-rencontre. La désunion. La rupture. Lorsque les corps ne se retrouvent plus, lorsque les idées ne se suivent plus, lorsque les sentiments ne se mêlent plus. Et puis le vide. Le vide à deux, le vide en solitaire. Cette zone tampon entre deux rencontres. Cet espace-temps qui n’a pas de règle. Ce sas qui ferme une porte pour en ouvrir une autre. La vie est faite de rencontres bonnes ou mauvaises et il n’y a rien de plus saint et sublime que l’union de deux de ces êtres si imparfaits et si affreux.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s