Il suffira d’un signe – Médéa Azouri, l’Orient-Le Jour, samedi 19 septembre 2015

Le hasard… Est-ce bien Dieu qui se promène incognito ? Est-ce que dans les événements qui parsèment le chemin de notre vie, il y aurait quelque chose de dissimulé ? Un signe ? Un message ? Comme ces vinyles qu’on écoutait à l’envers pour découvrir le sens caché d’une chanson. Il y a sûrement quelque chose qui se trame dans les coulisses sans qu’on en ait la moindre idée. Une sorte de scène parallèle, d’acte parallèle, de pièce parallèle. Comme si les dés étaient jetés, peut-être pipés, et que nous n’étions uniquement que les saltimbanques, (re)tenus par des ficelles comme des pantins désarticulés, de ce théâtre qu’est notre vie. Bon, pas à ce point. Nous ne sommes pas à la merci de notre destin comme pourraient le laisser croire certaines philosophies. Certaines choses sont probablement écrites, mais le reste nous appartient. C’est ce qu’on appelle le libre arbitre. On aura beau voir toutes les voyantes du monde, croire dur comme fer que le bateleur et la roue de la fortune ont éclairé nos interrogations, que cette tache au fond de la tasse de café ou que cette succession d’additions si chères à nos numérologues avertis sont de bons présages, il y aura toujours quelque chose qui changera la donne. Ce petit grain de sable pour enrayer la machine des prédictions, ce micro-événement qui, comme un battement d’aile de papillon, enverra le train dans une autre direction. Il y a des choses qu’on maîtrise et d’autres qu’on ne contrôle pas.
Et il y a les signes. Ces signes qui rendent mystérieuses certaines situations. Qui nous donnent l’impression qu’il y a des voies/voix véritablement impénétrables. Parce que, qu’on le veuille ou pas, parfois, on est face à d’étranges coïncidences, d’étranges paramètres. Et même si on a envie de voir des signes partout, comme dans le coup de fil de quelqu’un qu’on allait nous-mêmes appeler (c’est normal, on s’appelle tous les jours), force est de constater que lorsque le téléphone sonne quand ça ne va pas alors que ça fait des mois qu’on ne s’est pas vus, et qu’on vous dit des choses plus belles que vous ne l’auriez imaginé, on se pose des questions. Et même si on n’y croit pas, on a envie d’y croire. Parce que dans ces petits moments où le ciel, la nature, les amis partis trop tôt nous envoient une espèce de « hello », il y a quelque chose de magique. Parce que ça peut réconforter ou avertir. Avertir d’une chose négative, un signe qu’on voit rarement d’ailleurs, ou qu’on ne veut pas voir.
Quelque chose de céleste quand la chanteuse préférée de votre meilleure amie décède le même jour qu’elle et qu’At Last passe à la radio au moment-même où vous quittez l’hôpital. Comme si elle lui chantait un au revoir. Quelque chose de dingue quand vous pensez à elle en regardant le ciel étoilé, ce ciel que vous essayez de photographier et que lorsque vous regardez ensuite l’écran de votre téléphone, vous y apercevez une étoile filante. Quelque chose de fou quand on sort dîner le jour où on n’avait pas envie de le faire, parce que le four est tombé en panne et qu’on croise la personne qui changera votre vie professionnelle. Quelque chose de doux quand on pense à un être cher et qu’on sent soudain son parfum flotter. Là, à cet instant bien précis. Quelque chose de rassurant quand vous perdez votre passeport la veille d’un voyage qui vous aurait fait rater une occasion. Quelque chose d’amusant quand on retrouve quelque chose au bon moment. Quelque chose d’énigmatique quand on voit une lettre dans une tasse de café. L’initiale de celui ou de celle qui deviendra son âme sœur. Simple coïncidence ? Coup du destin ? Certains penseront que c’est ridicule d’y voir un quelconque message. D’autres y croiront dur comme fer. Certains disent que le hasard n’existe pas. Et pourquoi pas ?
On se fout de savoir le pourquoi du comment. Ça fait juste du bien d’y croire. Comme quand on fait un vœu au moment de souffler les bougies. Qu’on y croit ou pas, on le fera.

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